La Dépêche de Kabylie : Racontez-nous le début de votre carrière…

Ahmed el Hadi : (Avec un long soupir) Cela remonte à une cinquantaine d’année. Comme pour la plupart des chanteurs de l’époque, mon apprentissage s’est fait avec les amis du village. A l’âge de 12 ans j’écrivais des poèmes, je savais déjà jouer de la flûte et j’essayais de titiller les fils de la guitare de fortune que j’ai moi-même confectionnée. J’ai toujours été attiré et impressionné par les chansons de Chérif Khedam, Slimane Azem et par les produits de tous les anciens de la chanson kabyle à qui je rends un grand hommage. Mon apprentissage s’est fait petit à petit. En juillet 71, je suis passé à la chaîne 2 dans l’émission Ichenayène ousekkales (Les chanteurs de demain) avec une chanson dont je me souviens encore, elle s’intitulait Zewdjagh Renough. J’ai encore continué à travailler dans le cadre de l’association la jeunesse FLN (l’ancêtre de l’UNJA), une association qui disposait de beaucoup de moyens. Avec quelques amis, nous avons même constitué un groupe musical qui animait les fêtes locales et nationales, lorsque l’on faisait appel à nous. Mais le groupe n’a pas fait long feu et chacun est parti de son côté. Cela ne m’a pas découragé, puisque j’ai poursuivi mon apprentissage.

Parlons de votre première cassette…

Ma première cassette est sortie en France en 1983. Elle comprenait 8 chansons toutes dans le style Kabyle traditionnel. Une œuvre qui a bien marché en France. L’album n’est pas sorti en Algérie car l’éditeur avait des problèmes avec la justice française. Un éditeur qui a truandé plein de chanteurs, dont moi même. En 1984, de retour au pays, j’ai pris attache avec feu Chérif Khedam qui m’a vraiment aidé. J’avais fais un enregistrement au studio Jugurtha d’Azazga que j’ai remis en mains propre à Dda Chérif qui à son tour l’a transmis à la commission d’écoute qui a fini par l’accepter et le diffuser sur les ondes de la radio. L’enregistrement est aussi diffusé par la radio locale depuis sa création.

Depuis 84, c’est le silence radio… pourquoi ?

Ce fut une longue traversée du désert. Pourtant je produisais toujours mais sans pouvoir éditer. Mon travail d’enseignant prenait presque tout mon temps. Les moyens d’un enseignant étaient limités. Les meilleurs d’entre nous arrivaient juste à nourrir leurs enfants. En plus, les moyens techniques n’étaient pas disponibles en Algérie, il fallait se rendre en France et acheter des devises, ce qui n’était pas dans mes cordes alors j’ai dû patienter et attendre des jours meilleurs qui ont malheureusement tardé à venir. 10 ans après, mes plus proches amis ont su que j’avais un répertoire très riche mais que je n’avais pas les moyens pour les éditer, c’est alors qu’ils ont proposé de me soutenir. En 2012, je suis rentré au studio pour l’enregistrement de cet album qui vient de sortir. Un album dans le style Kabyle classique. Il contient 9 chansons qui traitent du quotidien, de l’amour, du printemps noir, de la déchirure et de la déception. Selon les échos qui me sont parvenus, le CD se vend bien et les jeunes de la région sont enchantés. Nous ferons de notre mieux pour faire plaisir à nos fans et surtout honorer la chanson Kabyle.

Justement quelle lecture faite vous du niveau actuel de la chanson Kabyle ?

La chanson Kabyle a été gâtée par le passée car les anciens chanteurs et ses fondateurs à l’image de Slimane Azem et Chérif Khedam, pour ne citer qu’eux, ont fait du si beau travail qu’il est difficile de les égaler. De nos jours, il y a du bon et du moins bon. Les jeunes chanteurs doivent faire des efforts et cela commence par les études. La musique et la poésie ça passe par l’école et le sérieux. Ceux qui sont moins bons peuvent réussir mais ils devront se donner à fond pour être à la hauteur de la chanson Kabyle et pour l’honorer comme l’ont fait les anciens artistes. L’Etat aussi doit construire plus d’écoles, plus de maisons de jeunes, plus d’infrastructures culturelles pour permettre aux artistes de se former et d’acquérir les qualités et les compétences requises. Le vrai apprentissage ne se fera ni dans les cafés, ni dans les fêtes et encore moins dans la rue.

Nous vous laissons le soin de conclure…

D’abord, un grand merci à votre quotidien qui m’a ouvert ses pages pour m’exprimer et surtout pour l’intérêt qu’il accorde aux chanteurs et aux artistes. Ensuite, je tiens à remercier tous les jeunes de Mechtras pour l’accueil réservé à mon album et pour le respect qu’il me témoigne. Je n’oublierai surtout pas de dire un grand merci aux amis qui m’ont aidé car sans leur apport cet album n’aurait pas vu le jour. Je remercie aussi le groupe musical du studio qui a fait du beau travail. Je promets à tout le public de mettre sur le marché d’autres œuvres plus raffinées qui feront honneur à la chanson Kabyle. Nous lançons aussi un appel aux autorités du secteur de la culture en vue de nous faire participer aux galas et aux fêtes nationales pour justement pouvoir mettre d’autres produits sur le marché. Pour terminer, je lance un appel aux jeunes artistes d’éviter les sentiers battus de la médiocrité.

Pour écouter l’album de Ahmed El Hadi

Entretien réalisé par Hocine T pour La Dépêche de Kabylie

imgLe nouvel album de la star de la chanson kabyle, Idir Akfadou, est depuis jeudi dans les bacs. Un album très riche, une force du verbe inégalée, un réel chef-d’œuvre que l’artiste offre à son nombreux public.
Aussi passionnant pour la qualité de ses mélodies que pour ses textes à la fois lucides, subtils et engagés, voilà un artiste qui avance encore un peu plus à chacun de ses albums tout au long de ces quelque quarante ans de carrière et qui mérite très largement son succès. Fidèle à son registre musical singulier, le chanteur délivre dans son nouveau-né neuf titres hauts en couleur. L’écriture déjà très fine sur les précédents albums s’est encore enrichie dans ce nouveau produit qui constitue un autre hymne à l’amour. La première chanson Asmekti qui est le titre retenu pour ce 19e album se propose «de restituer un échange entre deux personnes, très avancées dans l’âge, de leurs souvenances de leur amour de jeunesse dans une société marquée par le poids des traditions», explique Idir Akfadou. «Autrefois, les fêtes constituaient pratiquement les seules occasions de croiser le regard de sa bien-aimée contrairement à maintenant. Cet amour était toutefois pur et éternel», poursuit le chanteur. Suite à la sollicitation de son nombreux public, Idir Akfadou a repris aussi dans son nouveau produit la chanson Saïda, enregistrée en 1977 et qui connaît toujours le même succès depuis presque quarante ans ou encore Thavrats (la lettre). Dans cet album, les fans découvriront aussi deux nouveaux titres dédiés également à l’amour, Tsrough (je pleure), Ourkmatsamnagh (je ne te crois plus) ainsi qu’une autre chanson Sabrina écrite par l’un des ses fils, Yuba qui constitue comme son frère Baiileche l’une des nouvelles étoiles montantes de la chanson kabyle. Fidèle à son engagement indéfectible dans le combat identitaire, Idir Akfadou consacre dans cet album deux chansons, Thafsouth et Yennayer, pour revisiter la Kabylie profonde et les traditions ancestrales. Le dernier titre de l’album s’intitule Awidhak Thadja Thmousni, dénonçant «les jugements idiots de ces beaux penseurs à chaque louable initiative», nous a confié Idir Akfadou , rencontré la veille de la sortie de son album produit chez les éditions Melody à Ighzer Amokrane, wilaya de Béjaïa, écouter en ligne sur kbmusique Idir Akfadou 2015
A. Kersani

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Après son succès en 2006 avec l’album intitulé « Ayema Yema », l’auteur compositeur et interprète, Rachid Khedim, marque son retour sur le devant de la scène avec un nouvel opus intitulé « Felam » Rachid Khedim 2015, qui sortira à la mi-février aux éditions Maréchal.

L’artiste signe ici son cinquième album disponible en écoute sur kbmusique qui comprend huit titres, Felam itheza thassa, Adzayri, Agdoud, Iniyid, Ghlin Yergazen, La ikhedema, Lahdur agi et zwaj n bessif. «Felam» dépeint, selon son interprète, une expérience personnelle, un vécu où différentes thématiques sont abordées mais la part du lion est revenue à la chanson sentimentale avec cinq titres. Le folklore y est également présent, le titre «La ikhedma» en direction de la jeunesse et ses problèmes ainsi qu’une chanson engagée qui traite des déracinés qui ont oublié leurs origines pour embrasser une autre culture. L’artiste s’investira totalement dans cette nouvelle production «Cet album c’est quatre années de travail acoustique avec des musiciens professionnels» nous a-t-il expliqué, ajoutant «vous savez, j’ai grandi avec la musique, j’étais l’un des musiciens de mon défunt frère Hamidouche, j’ai littéralement baigné dedans, c’est ma raison d’être…» nous confiera-t-il. Rachid Khedim, nous parlera également de ses débuts «J’étais musicien comme je vous l’ai dit et en 1997, j’ai décidé de franchir le pas». L’interprète a tenu à rendre hommage à la maison d’édition qui le produit depuis ses tout débuts «Je profite de cette occasion pour rendre hommage aux éditions Maréchal qui m’accompagnent depuis des années, mon choix pour cette maison d’édition n’est pas anodin, il est motivé par 25 années d’amitié qui lie, son producteur Smail Maréchal à mon défunt frère Hamidouche». A la fois auteur et compositeur, l’artiste n’est autre que le frère du chantre qui n’est pas à présenter, feu Hamidouche, de son vrai nom Ahmed Khedim. Resté douze années en noir en France, l’artiste dont la voix est très ressemblante à celle de son défunt frère n’a jamais coupé les ponts avec l’Algérie bien au contraire, il mettra toute sont expérience acquise en exil au service de son art et de la chanson d’expression kabyle «Je suis resté 12 ans en noir en France mais mon cœur lui est resté en Algérie, une fois ma situation régularisée, je revenais de temps à autre pour rendre hommage à mon défunt frère…» Parlant de son frère, il nous confiera que ce fut son deuxième album qui lui plut «Mon deuxième opus lui a beaucoup plu parce qu’il aimait les sonorités aigues.»

Karima Talis – Depeche de Kabylie

La star de la chanson Kabyle nous revient avec nouvel opus 2015 intitulé « Mmi’s igellil » comportant 7 titres dont Machahu, C’est trop, Zarve u ghanim, Sayi Sayi, Nejjaken di lahna, Paris paris, Nnjareb. Il n’avait pas sorti d’album depuis 2011 avec le succès « C’est pas facile » qu’on pouvait entendre dans toutes les fêtes Kabyles et Mariage Kabyle durant de nombreux étés. Vous pouvez écouter l’album à l’adresse suivante : Said Youcef 2015. Voici la pochette de l’Album :

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Mourad Guerbas sortira très bientôt son double album, Guerbas 100% LIVE pour célébrer ses 10 ans de carrières ainsi que son second album La pièce monté contenant près de 9 titres que vous pouvez écouter sur kbmusique ou le lien suivant Mourad Guerbas 2015 . Voici les titres des albums : La pièce montée Harmen Udmis Tin Iyiga L3acqim A 3ezzu Aqcic Uzyin A Lemri Tsaswiram Ruhet Intas Ker A Tuzyint. Que pensez-vous de cet album ? Un succès un échec ?

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10 ans !! Eh oui, 10 ans que Mourad Guerbas est sur la scène artistique et nous offre de nombreux albums. Pour l’occasion, il se produit avec Gosto Production afin de nous offrir ses meilleurs succès depuis toutes ces années. L’album s’intitulera « 10 ans de carrière LIVE » c’est un album LIVE, une production de Amirouche Belaid. Voici un court extrait du nouvel album 2015 de Mourad Guerbas :

Que pensez-vous ? Pour écoutez ses anciens albums et son nouvel album complet, voici le lien : Mourad Guerbas 2015.

Par la même occasion, on vous rajoute un extrait du nouvel album 2015 intitulé « La pièce monté » mélange de français et kabyle :

Enfin la sortie du clip de Rabah Asma 2015 et de la chansons Amen-iyi qui portera le titre de ce nouvel projet. La sortie officielle de l’album sera prévue pour le 8 mars 2015, soit la journée international de la femme. Voici sans plus tardé le vidéo clip et la chanson de Ameniyi Rabah Asma 2015 :

Voici pour la même occasion, le vidéo clip de 2013 qui porte le nom de Hemlay-kem seg-ul :

Et aussi quelques succès de son album « Les années d’Or » produit en 2013 avec les productions Dyla Music. Écoutez l’album complet sur kbmusique.

Nous espérons que ce nouveau tube fera danser la Kabylie entière et nous permettra de fêter avec notre famille. Dédicace à tous les Kabyles 😉 !