NOUVEL ALBUM 2016 DE FARID FERRAGUI « Pour ma mère »

Pour dire l’évanescence et la non-permanence des êtres et des choses, Farid Ferragui a choisi d’intituler son nouvel album, qui vient tout juste de paraître, «L’étoile filante».

Farid Ferragui qui s’est longuement et volontairement «enfermé» dans les serres de l’amour souvent inextricable, a fini par changer le fusil d’épaule. Il vire de plus en plus vers une sorte de spiritualité dans ses oeuvres de ces dernières années. Un processus évident de maturation qui ne fait que confirmer le talent d’un artiste adulé par ses fans même s’il les fait souvent pleurer en remuant interminablement le couteau dans des plaies difficiles à cicatriser.
Farid Ferragui rebondit après un dernier album sorti en 2012. Il a fallu trois ans et même plus pour écrire et composer les six chansons de ce nouvel album intitulé «L’étoile filante». Farid Ferragui a longuement réfléchi et travaillé pour accoucher de ces six nouveaux titres où la part du lion n’est pas consacrée cette fois-ci, et pour la première fois, à l’amour mais plutôt à la mort. Et pour cause, le chanteur à la sensibilité à fleur de peau a perdu sa mère il y a quelques mois. La vie a complètement changé de visage. Il ne voit plus la vie de la même manière après avoir vécu plus de 60 ans. Car l’être le plus cher n’est plus. La vie peut-elle avoir un sens ou du moins garder le même sens une fois notre mère partie pour ne plus revenir? C’est cette question qui n’a pas cessé de triturer les méninges de Farid Ferragui pendant plus d’une année. Il chante alors un thème qu’il a eu souvent à évoquer dans plusieurs albums tout au long de sa carrière. Mais avec une tout autre veine qui ne ressemble en rien aux précédentes.
«Mon nouvel album était fin prêt à être édité avant la fin de l’année 2013. Puis ma mère est décédée. J’ai alors mis du temps à faire mon deuil et surtout à écrire les deux chansons que je lui dédie dans ce nouvel album. J’ai supprimé deux anciennes chansons qui devaient y figurer et je les ai remplacées par cet hommage posthume», nous confie l’artiste qualifié longuement et à juste titre de chantre de l’amour. Farid Ferragui revient dans ces deux chansons dédiées à sa défunte mère en décrivant comment il a vécu toutes les étapes ayant succédé à cet événement douloureux. Il décrit alors avec ses vers élaborés, d’abord les moments marquants où sa mère était vivante, puis Farid Ferragui, sans doute la mort dans l’âme, chante le moment du décès, l’enterrement ainsi que le retour au village après l’enterrement et pour la première fois, la mère absente. Et pour toujours.
«Quand je revois tous ces moments, il est difficile de réaliser qu’il s’agit de la réalité. C’est comme si tout ça n’était qu’un rêve», ajoute Farid Ferragui. Ce que ce poète et chanteur regrette le plus, comme beaucoup d’Algériens de sa génération, c’est le poids des tabous qui empêche l’homme de dire «je t’aime» à sa mère. De la serrer très fort dans ses bras. «Les traditions nous ont privés de sentiments et je dénonce ça également dans mes nouvelles chansons. Nous devons changer de comportement par rapport à nos enfants en les encourageant à exprimer leur affection.
Me concernant, et malheureusement, ce n’est que dans ces chansons que j’ai enfin pu dire à ma mère ce que je ne lui avais jamais dit de mon vivant à cause des traditions», explique Farid Ferragui. En plus de ces deux chansons phares, le nouvel album de Farid contient aussi quatre autre titres. Il s’agit de Itri arugal, I-ttlam wahdi, E-cciv et Netsradju. Dans ce dernier titre, Farid Ferragui, en tentant d’écrire une nouvelle chanson, s’est retrouvé inconsciemment en train de réécrire carrément une ancienne oeuvre parue dans les années 1990. Il a alors saisi ce retour en arrière pour écrire une nouvelle chanson à partir d’une ancienne. Et le résultat, nous assure le poète, le satisfait amplement. Notre interlocuteur insiste beaucoup sur la chanson Itri Arugal dont l’album porte l’intitulé. Il précise qu’il s’agit d’une chanson très profonde voire spirituelle avec des relents philosophiques qui évoquent des questions existentielles et des interrogations, souvent sans réponses, sur le sens d’une vie où tout s’évapore et s’évanouit avec une rapidité insaisissable. Une autre chanson relève du genre sociopolitique, conclut Farid Ferragui.

Source : lexpressiondz.com

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