idirD’origine Kabyle, Idir, artiste majeur de la scène world depuis 30 ans, a voulu faire de son nouvel album un lieu de rencontres interculturelles et intergénérationnelles.

Il a choisi d’aborder les thèmes qui lui sont chers : L’amour, la culuture en général (Berbère en particulier), l’exil, l’immigration, le droit à la différence, l’éducation, la mémoire historique…

Et ces thèmes, il les partage avec des artistes de tous horizons:  Akhenaton, Guizmo, Manu et Daniel (de Tryo), Féfé (de Saïan Supa Crew) et Leeroy , Noa, Sinik, Grand Corps Malade, Zaho, Wallen, Oxmo Puccino, Tiken Jah Fakoly, Disiz…

Parce que c’est ça la France !

Et cette “France des couleurs, si on en lui en donne les moyens, défendra les couleurs de la France”. Pour écouter l’album France des couleurs de Idir , veuillez cliquer sur ce lien : France des couleurs de Idir

Fils de berger, Idir décida d’étudier la géologie et était destiné à une carrière dans l’industrie pétrolière algérienne. L’avenir va cependant le diriger sur un autre chemin. En 1973, il démarre sa carrière par hasard en remplaçant une chanteuse, pour qui il avait composé une berceuse, à Radio Alger et interprète une chanson qui va devenir son premier succès radiophonique : Rsed A Yidess qui signifie « Que le Sommeil Tombe ».

En 1975, il monte à Paris et signe un contrat avec Pathé Marconi qui lui produit son premier album : A Vava Inouva. Le titre éponyme sera un tube planétaire : diffusion dans 77 pays et traduction en 15 langues. La version française a été interprétée par le duo David Jisse et Dominique Marge en 1976, avec des paroles poétiques et une voix de femme très douce. Cette chanson kabyle avec juste voix et guitare figure comme le premier grand tube venu directement d’Afrique du Nord, bien avant le succès d’un Khaled ou d’un Cheb Mami. Il représente l’affirmation d’une certaine identité, le retour à des racines ancrées très profondément dans l’histoire de l’Algérie. Il faut attendre 1976 pour que sorte un premier album sur lequel on trouve le titre (A Vava Inouva).

Après ce succès, Idir écrit à nouveau et enregistre : Ay Arrac Neg (A nos enfants), un album qui sort en 1979.Pour cet homme discret avec un look sérieux, il est difficile de se fondre dans le monde du show-biz et s’il aime composer, ce qu’il fait pour d’autres, les passages sur scène ne le satisfont que rarement. En conséquence, il s’éclipse environ une dizaine d’années tout en donnant quand même quelques récitals.

Sa carrière est relancée avec la sortie d’une compilation en 1991 de dix-sept chansons de ses deux premiers albums. Après un long procès contre son ancien producteur, Idir a eu la possibilité de ré-enregistrer ses titres comme le fameux (A Vava Inouva). Fort de cet appui discographique, il revient donc sur le devant de la scène et passe au New Morning à Paris du 7 au 9 février 1992. Il reste le représentant de la communauté kabyle à qui on reconnaît maintenant un statut de précurseur de la World Music.

chasseur de lumière

album chasseurs de lumière

L’année suivante, paraît chez Blue Silver un nouvel album : les Chasseurs de lumière où il chante ses thèmes de prédilection, l’amour, la liberté et l’exil (qu’il connaît puisqu’il est installé dans la région parisienne depuis 1975). Il introduit à côté des darboukas, flûtes et guitare acoustique, qui donnent une touche de modernité. On peut entendre aussi la voix d’Alan Stivell sur le duo (Isaltiyen). Idir donne ses chansons à écouter au public de l’Olympia à Paris les 26, 27 et 28 juin 1993.

Questions d’identité

Homme de conviction, Idir participe souvent à des concerts pour soutenir différentes causes. Le 22 juin 1995, plus de 6000 personnes viennent applaudir le chanteur et son ami Khaled, initiateurs de l’association « l’Algérie la vie » qui les ont conviés à un concert pour la paix, la liberté et la tolérance. C’est un triomphe pour les deux artistes qui réunissent à cette occasion les communautés kabylophones et arabophones.

En 1996, Idir sort une réédition de son tout premier album qui portait le même nom 20 ans plus tôt : A Vava Inouva.

Idir participe aussi au concert hommage rendu à Lounès Matoub, chanteur algérien de musique kabyle assassiné en 1998.

Le véritable retour discographique d’Idir se fait avec Identités en 1999, l’album hommage qui réunit de nombreux artistes de Manu Chao à Dan Ar Braz en passant par Maxime Le Forestier ou Karen Matheson pour un (A Vava Inouva 2), mais aussi Zebda, Gilles Servat, Geoffrey Oryema et l’ONB. Idir rassemble ici ceux qui prônent l’ouverture culturelle ainsi que la reconnaissance des racines propres à chacun. En décembre, Idir a tout autant d’invités lors des deux soirées qu’il donne à l’Olympia. Autour de lui se succèdent Frédéric Galliano, le guitariste Thierry Robin et l’ONB.

L’identité,Idir la défend à nouveau en 2001 au cours du 21e Printemps berbère organisé au Zénith parisien, manifestation qui célèbre la culture berbère. Cette soirée de fête est renouvelée plus tôt que prévu, le 8 juillet 2001, toujours sous la houlette de Idir, lorsque de violentes émeutes ravagent la Kabylie. Le chanteur organise à cette occasion un grand concert toujours au Zénith de Paris où devant une salle pleine, de nombreux artistes soutiennent la révolte du peuple kabyle face au pouvoir central algérien.

En mai 2002, la maison de disques met sur le marché une compilation de nombreux titres de l’artiste : Deux rives, un rêve. Elle offre la possibilité d’écouter des inédits dont un titre écrit par Jean-Jacques Goldman, (Pourquoi cette pluie ?) qui évoque le terrible déluge qui s’est abattu sur la ville d’Alger en novembre 2001.

Idir débute une nouvelle tournée le 20 septembre 2002 au Zénith de Paris, avant de partir sur les routes jusqu’en décembre de la même année.

En 2005, encouragé par sa maison de disques Idir sort un CD live et un double DVD : Entre scènes et terres, qui concorde avec ses trente ans de carrière. Une façon originale de présenter cet homme discret aux valeurs fortes. Un documentaire déroule son parcours, de la Kabylie aux scènes du monde entier. L’occasion pour lui de « faire un bilan avant de passer à autre chose ».

Idir se produit le 9 avril 2006 sur la scène de la Cité de la musique à Paris. Un concert donné dans le cadre d’un cycle « Chanteurs kabyles » où figurent aussi Akli D ou Takfarinas.

En 2007, en pleine campagne présidentielle française, Idir signe un album non politique mais républicain : La France des

la france des couleurs

la france des couleurs

couleurs. L’album, « défend les couleurs de la France » comme aime à le répéter l’artiste lui-même. Sur cet album, Idir invite la jeune génération à composer avec lui des chansons autour de ce thème qui lui est cher, l’identité. De nombreux artistes comme Akhenaton, Grand Corps Malade, Zaho et beaucoup d’autres posent ainsi textes, rage et sensibilités aux côtés du tonton kabyle.

Pendant l’été de la même année, Idir fait en solo, une tournée hexagonale.

Acḥal d abrid i sliɣ
Combien de fois ai-je entendu

I yemma tenna-d aniɣ-i
Ma mère me dire

A mmi ur tesɛid ay cciɣ
Ô mon fils, je n’ai pas de quoi manger

Deg yedmaren a k-t-id fkeɣ
Du sein je te donnerai

Ula d akwerfa ur t-rwiɣ
Même l’ivraie ne me rassasie pas

Amek ara k-id-smeɣreɣ
Comment vais-te faire grandir ?

Sliɣ i yemma tenna

A mmi ifadden kkawen
O mon fils je suis sans force et courbée

Mačči s weclim d ukwerfa
Ce n’est pas avec du son et l’ivraie

I segmen wergazen
Que se revivifient les hommes

Ulac di tarbut tekfa
Il n’y a plus rien dans le plat, c’est terminé.

A nɛenni a nraju yiwen
Nous nous sommes dits : «Attendons» [?]

Cfiɣ yiwen n wass di ccetwa
Je me souviens, un jour en hiver

Nella nezzi-d i lkanun
Nous étions de retour à l’hâtre

Nettawi-d timucuha
Nous y apportions des contes

Akken laẓ medden a t-ttun
Pour que les gens oublient la faim

Nessa agertil ɣer lqaɛa
Nous avons étendu la natte sur le sol

Udan ugin ad kfun
Les nuits étaient sans fin

Tura kra din u s-necfi
Ici et maintenant, nous ne nous souvenons plus

Nerna-ten ɣer win iɛaden
Nous les avons ajoutés à ce qui est passé

Nuɣal nbeddel tikli
Nous en venons à changer notre état d’esprit

Nettu wid leɛmer rwan
Nous oublions ce qui est bon pour la survie.

Imi ddunit tettezzi
Puisque le monde tourne [constamment]

I uzekka anwa i yezran ?
Qui sait ce que sera demain ?

Paroles de Chérif Kheddam – Sligh i yemma

Mohamed Allaoua vit le jour le 25 août 1980 à Alger. Dès son enfance, il suivît des cours de musique Andalouse mais également des cours de musique universelle à l’Ecole El-Maoussilia d’Alger. Aujourd’hui, Mohamed Allaoua enchaîne les succès. De « Baba ccix » à « A Sieqa » en passant par « Nan-d ala » et « Ssar tamurt », les tubes se succèdent et personne ne peut passer à côté. Cela, Mohamed Allaoua le doit au fait qu’il ait su dès ses débuts saisir tout un public en l’enchantant avec son talent, son charme et surtout de la vraie bonne musique. Sur scène, Mohamed Allaoua se révèle à la fois attachant et captivant dans une atmosphère chaleureuse et énergique voire électrique ! Il aime donner le meilleur de lui-même.

Mohamed Allaoua a réussi à s’imposer comme étant incontestablement la nouvelle révélation de la chanson kabyle. Cela explique la place qu’il occupe actuellement sur la scène artistique algérienne. En effet, beaucoup d’années de travail et de persévérance lui ont permis d’être à maintes reprises en tête des ventes algériennes. Perfectionniste et ambitieux, son talent le mène jusqu’en France où Mohamed Allaoua débuta en janvier 2006 une tournée dans les plus grandes villes (Paris, Lyon, Marseille…) et dans des salles prestigieuses telles que le Zénith de Paris. Sa participation au Festival Amazigh des Iles Canaries lui vaut le surnom de « Bomba Kabylia » dans la presse local.

mohamed allaouaVoix enchanteresse, Mohamed Allaoua chante tout en rompant avec les tabous qui continuent de frapper la société algérienne dans sa totalité. Pour la jeunesse, Mohamed Allaoua est de ceux qui savent exprimer leurs difficultés et leurs tourments. Ses textes riches et variés parlent de l’amour sous toutes ses formes, la femme, la mère, les maux sociaux et la culture berbère.

Avec son style, sa sympathie et son naturel, Mohamed Allaoua apporte une fraîcheur à la musique Kabyle. Autant de qualités expliquant que Mr Allaoua soit tellement estimé de tous. Nous pouvons dire, sans nul doute, que Mohamed Allaoua est la nouvelle coqueluche de la chanson kabyle.