Djaffar Ait Menguellet 2014 Tanaslit

Djaffar Ait Menguellet 2014 Tanaslit

Le nouvel album de Djaffar Aït Menguellet, intitulé ‘’Tanaslit’’ sera disponible, dès aujourd’hui, dans les bacs. Pour cette occasion, l’artiste nous a accordé un entretien pour présenter son nouvel opus.

La Dépêche de Kabylie : Votre nouvel album ‘’Tanaslit’’ est en vente à partir d’aujourd’hui. Que pouvez-vous nous en dire ?

Djaffar Aït Menguellat : Azul à vous et à tous vos lecteurs. En effet mon nouvel album sort aujourd’hui 22 janvier. Je l’ai intitulé ‘’Tanaslit’’ et il comprend sept chansons : « Asteqsi », « Ddiminu », « Isem », « Yir ides », « Win Yeylin », « Tanaslit » et « Ttelba n u debbouz ». Plus un instrumental intitulé « Tanaslit instrumental ». J’ai réalisé 80% du travail à la maison. Mais comme il y avait plusieurs musiciens à qui j’ai fait appel pour cet album, je fus obligé de louer un studio, au chef-lieu de la wilaya de Tizi-Ouzou. Mon choix c’est porté sur le studio « Irath », où j’ai enregistré les performances des musiciens et fait le mixage. C’est un travail que nous avons réalisé en six mois. La musique est de moi et les paroles sont de mon père Lounis Aït Menguellet.

Pourriez-vous nous en dire plus sur chacune des sept chansons de cet opus ?
‘’Tanaslit’’ est le titre de la sixième chanson, que j’ai interprétée en duo avec la diva de la chanson kabyle, Nouara. Je profite d’ailleurs de cette occasion pour passer le grand bonjour à cette grande dame. Je ne réalise toujours pas l’immense honneur qu’elle m’a fait en chantant en duo avec moi. Je l’en remercie infiniment. Je tiens également à remercier Mohamed Hamouch. ‘’Asteqsi’’ est la première chanson de l’album. Elle parle d’amour, plus précisément de rupture. C’est l’histoire d’un couple qui tente de surmonter une crise. Son amour est mis à rude épreuve. ‘’Ddiminu’’ est le deuxième titre. Il raconte l’histoire d’un homme qui se retrouve avec ses amis à jouer aux dominos. Par manque de concentration, il leur gâche la partie, car il pensait à sa bien-aimée avec qui il s’était fâché. Ses amis l’exhortent alors à cesser de jouer. ‘’Isem’’ est la troisième chanson. Chacun peut l’interpréter à sa guise. Elle parle de toute personne ayant perdu un être cher ou vivant une rupture amoureuse. Un des couplets dit : « Adafar Isem I Tudart n bla Isem ». La personne essaie de donner à sa vie un nouveau sens. La quatrième chanson ‘’Yir ides’’ est l’histoire d’un homme qui a tellement de soucis qu’il en a perdu le sommeil. Et dès qu’il arrive enfin à fermer l’œil, tous ses problèmes resurgissent. Il pense alors naïvement que c’est la boisson qui va lui régler tous ses problèmes. Mais bien entendu, elle ne fera que les décupler. Il prit alors la résolution de se prendre finalement en charge, en cessant de boire et en redonnant un nouveau sens à sa vie. Le message est qu’il y a toujours une solution, celle de faire face à ses problèmes. ‘’Win Yeylin’’ est le cinquième titre. Une chanson qui n’avait que deux couplets au départ. Je l’avais écrite pour les besoins de la série ‘’Ikhef El ahna’’, réalisée par Hakim Rahim, qui a été diffusée durant le mois de Ramadhan passé. La musique est de moi et les paroles ont été écrites en concertation avec mon père. J’ai donc décidé d’intégrer cette chanson dans cet album. La septième chanson ‘’Ttelba n udebbouz ‘’ est un duo que j’ai fait avec mon père. C’est le réalisateur Belkacem Hedjadj qui a demandé à mon père d’écrire un texte sur « Ttelba n udebbouz », les étudiants d’une Zaouïa qui a réellement existé à l’époque de Fadma N Soummer. C’étaient des étudiants qui avaient en parallèle une vie de bandits d’honneurs. Ils coupaient les routes aux convois français pour rapporter des vivres et de l’argent à la Zaouïa. Cette chanson fut écrite à l’origine pour les besoins d’un film sur Fadma N Soummer. La musique est de « Imsebriden ». Mais quand Hedjadj a écouté la chanson, il jugea qu’elle ne correspondait pas à ce qu’il voulait et le projet tomba à l’eau. C’est mon père qui m’a suggéré d’en faire un duo avec lui.

Les textes de cet opus sont donc le fruit d’un travail d’équipe avec le chantre qu’est votre père, Lounis Ait Menguellet et la musique est en intégralité de vous ?
Tout à fait. Je suis compositeur arrangeur et interprète. Généralement, quand je compose une musique, je la fait écouter à mon père et c’est lui qui y appose un texte que nous travaillons ensemble. Par exemple, le refrain de ‘’Tanaslit’’, le duo avec Nouara, est de moi, et le texte je l’ai écrit avec mon père. Nous faisons un travail d’équipe lui et moi. L’album est en fait une collaboration familiale. La jaquette qui comprend, photos, maquette et infographie ainsi que le livret qui va avec l’album ont été réalisés par ma sœur Hayat qui est peintre. La traduction en français a été faite par mon frère Tarek et en Tamazight par M’Hena Boudinar. C’est réellement un travail d’équipe familiale. J ai également préparé un clip qui va sortir avec cet album. Nous l’avons réalisé pour la chanson « Ddiminu ». Il est réalisé par Hakim Rahim, dans notre village « Ighl Bouamas ». Les figurants sont des amis du village. En parallèle, il y a actuellement un reportage qui est en montage. Il relate ma vie et mes journées à «Ighl Bouamas. Il sortira très prochainement. Vouz pourrez écouter les extraits de mon album à l’adresse suivante : Djaffar Ait Menguellet 2014 Tanaslit.

Nous avons également appris que vous avez fait la musique de plusieurs pièces de théâtre…
Effectivement. J ai fait la musique de trois pièces théâtrales. La première est réalisée par Hocine Haroun, intitulée « Lamento pour Paris ». La deuxième est « La terre et le sang », avec Hamma Meliani, et la troisième est une collaboration avec Mme Sonia, intitulée « Yammna ».

Entretien réalisé
par Karima Talis

Source : depechedekabylie.com

Idir 2013 adrar inuL’artiste incontournable de la chanson kabyle Idir nous mijote un splendide album pour cette nouvelle année 2013 . Idir nous fait déjà part d’une de ses mélodies qui sera présente dans son nouvel album 2013 « Adrar Inu ». D’ailleurs, cet extrait « Adrar inu » a déjà fait l’ouverture d’un film kabyle. Enfin, on attend tous avec impatience ce nouvel album du King de la musique kabyle, l’album sera une production de Sony Music.

Vous pourrez écouter un extrait Idir 2013 sur le site de musique kbmusique.com ou encore sur la plateforme de vidéo Youtube :

 

 

 

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idirD’origine Kabyle, Idir, artiste majeur de la scène world depuis 30 ans, a voulu faire de son nouvel album un lieu de rencontres interculturelles et intergénérationnelles.

Il a choisi d’aborder les thèmes qui lui sont chers : L’amour, la culuture en général (Berbère en particulier), l’exil, l’immigration, le droit à la différence, l’éducation, la mémoire historique…

Et ces thèmes, il les partage avec des artistes de tous horizons:  Akhenaton, Guizmo, Manu et Daniel (de Tryo), Féfé (de Saïan Supa Crew) et Leeroy , Noa, Sinik, Grand Corps Malade, Zaho, Wallen, Oxmo Puccino, Tiken Jah Fakoly, Disiz…

Parce que c’est ça la France !

Et cette “France des couleurs, si on en lui en donne les moyens, défendra les couleurs de la France”. Pour écouter l’album France des couleurs de Idir , veuillez cliquer sur ce lien : France des couleurs de Idir

Fils de berger, Idir décida d’étudier la géologie et était destiné à une carrière dans l’industrie pétrolière algérienne. L’avenir va cependant le diriger sur un autre chemin. En 1973, il démarre sa carrière par hasard en remplaçant une chanteuse, pour qui il avait composé une berceuse, à Radio Alger et interprète une chanson qui va devenir son premier succès radiophonique : Rsed A Yidess qui signifie « Que le Sommeil Tombe ».

En 1975, il monte à Paris et signe un contrat avec Pathé Marconi qui lui produit son premier album : A Vava Inouva. Le titre éponyme sera un tube planétaire : diffusion dans 77 pays et traduction en 15 langues. La version française a été interprétée par le duo David Jisse et Dominique Marge en 1976, avec des paroles poétiques et une voix de femme très douce. Cette chanson kabyle avec juste voix et guitare figure comme le premier grand tube venu directement d’Afrique du Nord, bien avant le succès d’un Khaled ou d’un Cheb Mami. Il représente l’affirmation d’une certaine identité, le retour à des racines ancrées très profondément dans l’histoire de l’Algérie. Il faut attendre 1976 pour que sorte un premier album sur lequel on trouve le titre (A Vava Inouva).

Après ce succès, Idir écrit à nouveau et enregistre : Ay Arrac Neg (A nos enfants), un album qui sort en 1979.Pour cet homme discret avec un look sérieux, il est difficile de se fondre dans le monde du show-biz et s’il aime composer, ce qu’il fait pour d’autres, les passages sur scène ne le satisfont que rarement. En conséquence, il s’éclipse environ une dizaine d’années tout en donnant quand même quelques récitals.

Sa carrière est relancée avec la sortie d’une compilation en 1991 de dix-sept chansons de ses deux premiers albums. Après un long procès contre son ancien producteur, Idir a eu la possibilité de ré-enregistrer ses titres comme le fameux (A Vava Inouva). Fort de cet appui discographique, il revient donc sur le devant de la scène et passe au New Morning à Paris du 7 au 9 février 1992. Il reste le représentant de la communauté kabyle à qui on reconnaît maintenant un statut de précurseur de la World Music.

chasseur de lumière

album chasseurs de lumière

L’année suivante, paraît chez Blue Silver un nouvel album : les Chasseurs de lumière où il chante ses thèmes de prédilection, l’amour, la liberté et l’exil (qu’il connaît puisqu’il est installé dans la région parisienne depuis 1975). Il introduit à côté des darboukas, flûtes et guitare acoustique, qui donnent une touche de modernité. On peut entendre aussi la voix d’Alan Stivell sur le duo (Isaltiyen). Idir donne ses chansons à écouter au public de l’Olympia à Paris les 26, 27 et 28 juin 1993.

Questions d’identité

Homme de conviction, Idir participe souvent à des concerts pour soutenir différentes causes. Le 22 juin 1995, plus de 6000 personnes viennent applaudir le chanteur et son ami Khaled, initiateurs de l’association « l’Algérie la vie » qui les ont conviés à un concert pour la paix, la liberté et la tolérance. C’est un triomphe pour les deux artistes qui réunissent à cette occasion les communautés kabylophones et arabophones.

En 1996, Idir sort une réédition de son tout premier album qui portait le même nom 20 ans plus tôt : A Vava Inouva.

Idir participe aussi au concert hommage rendu à Lounès Matoub, chanteur algérien de musique kabyle assassiné en 1998.

Le véritable retour discographique d’Idir se fait avec Identités en 1999, l’album hommage qui réunit de nombreux artistes de Manu Chao à Dan Ar Braz en passant par Maxime Le Forestier ou Karen Matheson pour un (A Vava Inouva 2), mais aussi Zebda, Gilles Servat, Geoffrey Oryema et l’ONB. Idir rassemble ici ceux qui prônent l’ouverture culturelle ainsi que la reconnaissance des racines propres à chacun. En décembre, Idir a tout autant d’invités lors des deux soirées qu’il donne à l’Olympia. Autour de lui se succèdent Frédéric Galliano, le guitariste Thierry Robin et l’ONB.

L’identité,Idir la défend à nouveau en 2001 au cours du 21e Printemps berbère organisé au Zénith parisien, manifestation qui célèbre la culture berbère. Cette soirée de fête est renouvelée plus tôt que prévu, le 8 juillet 2001, toujours sous la houlette de Idir, lorsque de violentes émeutes ravagent la Kabylie. Le chanteur organise à cette occasion un grand concert toujours au Zénith de Paris où devant une salle pleine, de nombreux artistes soutiennent la révolte du peuple kabyle face au pouvoir central algérien.

En mai 2002, la maison de disques met sur le marché une compilation de nombreux titres de l’artiste : Deux rives, un rêve. Elle offre la possibilité d’écouter des inédits dont un titre écrit par Jean-Jacques Goldman, (Pourquoi cette pluie ?) qui évoque le terrible déluge qui s’est abattu sur la ville d’Alger en novembre 2001.

Idir débute une nouvelle tournée le 20 septembre 2002 au Zénith de Paris, avant de partir sur les routes jusqu’en décembre de la même année.

En 2005, encouragé par sa maison de disques Idir sort un CD live et un double DVD : Entre scènes et terres, qui concorde avec ses trente ans de carrière. Une façon originale de présenter cet homme discret aux valeurs fortes. Un documentaire déroule son parcours, de la Kabylie aux scènes du monde entier. L’occasion pour lui de « faire un bilan avant de passer à autre chose ».

Idir se produit le 9 avril 2006 sur la scène de la Cité de la musique à Paris. Un concert donné dans le cadre d’un cycle « Chanteurs kabyles » où figurent aussi Akli D ou Takfarinas.

En 2007, en pleine campagne présidentielle française, Idir signe un album non politique mais républicain : La France des

la france des couleurs

la france des couleurs

couleurs. L’album, « défend les couleurs de la France » comme aime à le répéter l’artiste lui-même. Sur cet album, Idir invite la jeune génération à composer avec lui des chansons autour de ce thème qui lui est cher, l’identité. De nombreux artistes comme Akhenaton, Grand Corps Malade, Zaho et beaucoup d’autres posent ainsi textes, rage et sensibilités aux côtés du tonton kabyle.

Pendant l’été de la même année, Idir fait en solo, une tournée hexagonale.

Ali amraneS´il puise sa source dans sa Kabylie natale, Ali Amran distille un savant mélange de genres qui fait l´originalité de sa musique. Au chant et á la guitare acoustique, il aborde un style dépouillé, sans fioriture. Ses chansons á textes, comme son sens mélodique, véhiculent l’âme d’une culture trop souvent bâillonnée ; ses compositions, quant à elles, empruntent leur rythmique à l’univers folk rock, avec des accents tantÔt blues tantôt pop. En résulte une harmonie toute particulière, à lrsquo;image de sa voix, au timbre doux et profond.

Ali Amran a aujourd’hui conquis un large public, de même que la reconnaissance de ses pairs, à l’instar d’Idir, Abranis, ou encore Takfarinas, qui inscrivent sa démarche artistique, comme un souffle nouveau, dans l’histoire de la chanson kabyle.

Tout juste sorti de l’adolescence, Ali Irsane se fait connaître en tant qu´auteur compositeur : ses premières compositions, inspirées de la tradition orale qui berce son enfance, sont interprétées par plusieurs artistes populaires, notamment Lani Rabah. Puis la période universitaire, celle des premières scènes, révèle peu à peu un artiste complet : accompagnant la troupe de théâtre et de chant » Meghres « , comme musicien, ses premières apparitions marquent la scène locale. Ali compose de plus belle, intégrant de nouvelles influences ; il participe à différentes formations, se produit en concert … En 1994, un premier enregistrement studio vient couronner cette phase initiatique, et le titre » Adu  » (Le Vent) se voit classé dans le top  » local rock «  sur la chaÎne francophone de la Radio nationale algérienne.

Ses études d´anglais et de littérature et civilisation berbère à Tizi-Ouzou reflètent la double perspective d’Ali, penché sur ses racines, ouvert à l’Autre. De même, le voyage s’impose très vite à lui : de Tanger à Helsinki, en passant par Barcelone, Amsterdam et autres  » cités-muses « , il nourrit sa quête esthétique, posant l’artiste engagé en citoyen du monde. Chemin faisant, sa musique s’imprègne de nouvelles couleurs, toujours plus libre.

En 1998, l’enregistrement d’un album en solo au titre éloquent,  » Amsebrid  » (Le Routard), signe l’engagement artistique d’Ali … Aussi poursuit-il sa route en tournée, sillonnant la Kabylie : à la Maison de la Culture de Tizi-Ouzou, au Théâtre Régional de BéjaÏa et dans les festivals traversés, sa maturité artistique est reconnue et maintes fois récompensée, d´un premier prix entre autres, décerné par le Festival National de la Chanson Amazighe. De plus en plus, la recherche d´Ali tend vers l´épurement comme pour rejoindre sa quête d´universel. La mélodie n´en est que plus efficace, le verbe plus puissant et non moins subtil. Témoin d´une Algérie écartelée, le mot est parfois amer, douloureux, questionnant l´identité, l´altérité, l´exil … mais la douceur de la voix, la lègèreté de la musique en appellent à une positivité résolue : aller de l´avant, en voyageur, en poète.

En 2000, Ali Irsane quitte sa montagne pour un nouveau voyage en Europe, cette fois sans billet retour : il s´installe à Paris. Seul ou accompagné de sa formation – basse, batterie, percussions –, il joue d’abord dans des cafés-concerts, participe à divers événements culturels, se produit dans plusieurs salles municipales … Un an après sa représentation au Divan du Monde en 2003, il est programmé dans le cadre du concert du Printemps berbère au Zénith de Paris, aux cÔtés du grand Ferhat, d´Akli D ou encore Gnawa Diffusion. Dans la foulée, sa chanson Xali Sliman (Tonton Slimane) connaît un franc succès, porté par la diffusion de son clip vidéo à la télévision. Avant même la sortie officielle de l´album du même titre en 2005, la chanson occupe la première place au hit parade de la fréquence kabyle en Algérie pendant pas moins de cinq semaines … S’enchaînent alors les représentations sur les scènes française et algérienne, ainsi que les apparitions médiatiques : quelques jours après la clÔture du festival Tizi Rock, il est l’invité principal de la prestigieuse émission radiophonique  » Thibugharin G’id-live «  pour un direct de l’auditorium de la Radio nationale à Alger.

En 2007, Idir lui confie la première partie de son spectacle au Zénith de Paris oè le grand public se laisse définitivement charmer par l’artiste. Un artiste de scène … car c’est là qu’il donne la véritable mesure de son talent.

En 2008 – 2009, Ali Amran se consacre principalement à la préparation de son troisième album même s´il participe à quelques concerts dont deux Zéniths à Paris. Ali tenait, en effet, à réunir tous les moyens nécessaires à la réussite de son enregistrement pour donner une nouvelle dimension à sa carrière. Ainsi il s’entoure de collaborateurs de talent, reconnus sur la scène artistique internationale, tels que Chris Birkett et Jean Philippe Rykiel. Il invite aussi Idir, le père de la world musique nord-africaine pour une chanson en duo … Au final, l’album s’avère être un beau bijou berbère de Kabylie, måtiné de folk et pop rock anglo-saxons.

Vous pouvez écouter quelques albums d’Ali Irsane sur le site de musique kabyle

Cherif Kheddam, Da Chérif pour les intimes, traverse les modes avec une insolente santé. Son œuvre est intemporelle. Et l’auteur refuse tout narcissisme.

Portrait d’un artiste passionné et passionnant – Chérif Kheddam

chérif kheddamL’homme a des yeux rieurs et complices. C’est un homme d’une grande simplicité qui vient nous ouvrir la porte de son immeuble, pas loin de Paris. On est loin du tape-à-l’œil des stars capricieuses. Chérif Kheddam est un maestro, pas une vedette éphémère. Tout respire en lui un savoir-faire solide, qui se moque des modes et de l’air du temps. A 78 ans en janvier prochain, malgré quelques petits tracas de santé, Da Chérif n’a rien d’un grabataire. Au contraire. Son verbe est sûr, posé, pertinent. Il impressionne par son détachement et sa modestie. Da Chérif doute, comme seule la sagesse l’impose. Il a toujours vécu loin du milieu artistique. « Toute ma vie, j’ai vécu hors du monde artistique. Je ne peux pas vivre dans ce milieu où des gens sans grand talent se considèrent toujours en haut de l’affiche. Il faut replacer les choses dans leur contexte. Nous, artistes kabyles, devons avoir le succès modeste. Nous chantons pour un peuple peu nombreux. » Si on lui rappelle que sa musique a dépassé depuis longtemps les frontières de la Kabylie et même de l’Afrique du Nord, ses morceaux sont joués en Turquie par exemple, il balaie ça très vite. « L’universel commence chez soi. Nous ne devons pas oublier que nous sommes un petit peuple. La modestie doit être notre fil conducteur. » Et le génie est dans la simplicité. « Je n’aime pas la flatterie », tranche-t-il.

A lemri, le miroir – Chérif Kheddam

Sur les murs de son salon, des tableaux. Et une nouvelle acquisition. Un peintre vient de lui offrir un tableau inspiré de sa chanson mythique A lemri, le miroir. On y voit une fille devant son miroir en arrière-fond en train de se peigner les cheveux. Da Chérif gratte le luth. Quel est le sens de Lemri ? Cette chanson a traversé le temps avec une insolente jeunesse. Intemporelle. « Je ne veux pas donner des clés pour cette chanson. A chacun de lui donner sa propre signification. Par contre, je reconnais qu’elle est mystérieuse », explique-t-il d’un air espiègle. Un succès qui ne s’est jamais démenti. « Cette chanson est symbolique. Elle a une forte charge émotionnelle. Elle a plusieurs niveaux de lecture. » La chanson a été enregistrée en 1963 par l’orchestre symphonique de Paris, une première à l’époque. L’ancien OS, ouvrier spécialisé, presque analphabète, a vu son œuvre jouée par de nombreux orchestres symphoniques. « En ce moment, Nachid Bradaï est en train de faire des répétitions à Alger et de jouer mes partitions. Je l’ai connu il y a très longtemps. Il était soliste à l’orchestre symphonique national. Il y a des gens très capables en Algérie. » Et il sait de quoi il parle. Il a travaillé à la Radio télévision algérienne (RTA) pendant 24 ans.

Le passeur de savoir – Chérif Kheddam

A l’indépendance, la chaîne de radio en langue kabyle manque cruellement de production. La Chaîne I et III pouvaient s’appuyer sur des productions étrangères, orientales pour la première et occidentales pour l’autre. « Nous, nous n’avions rien. On devait sauver notre patrimoine, trouver un moyen pour que la chaîne ne disparaisse pas. L’idée était donc d’enrichir la discothèque et de découvrir de jeunes talents pour remplacer notre génération. » Da Chérif se découvre de nouvelles fonctions, vocations. On ne mesurera jamais assez le travail titanesque abattu par celui qui a sauvé la discographie berbère avant de la propulser vers la modernité. A partir de 1964, il sera documentaliste, archiviste, discothécaire et – surtout – dénicheur de talents. Grâce à son émission « Les chanteurs de demain », la chanson kabyle prend un nouvel envol. La chanson post indépendance doit énormément au travail de fourmi du génie qui a délaissé sa création pour se consacrer à celles des autres. De 1964 à 1975, il a composé des albums pour de nombreux nouveaux artistes qu’il a découverts et contribué à faire connaître.

Star Academy – Chérif Kheddam

cherif kheddamLa plupart des auteurs-interprètes sont passés entre ses mains dans « Les chanteurs de demain », ou alors complètement formés par ses soins. Da Chérif dispensait des cours gratuitement trois fois par semaine dans une salle des Pères Blancs, rue Horace Vernet à Alger. Aït Menguellet, Nouara, Idir, Ferhat, Malika Doumrane, Karima, Zahra… étaient ses élèves avant de s’envoler de leurs propres ailes avec des succès différents. Ils se réclament tous être ses enfants. En père spirituel, il ne renie personne ni ne cite le nom d’un enfant préféré. Il sourit et élude la question. Pourtant, on sent que Nouara, avec sa voix cristalline, reste l’élue. Sa muse. Pygmalion a fait son deuil public. Pas sûr. « Quand les jeunes arrivaient à la radio, je les écoutais avec beaucoup d’attention, puis je donnais mon avis. Je ne suis ni un juge et encore moins Dieu. Il m’est arrivé de refroidir l’enthousiaste de pas mal de personnes, car je pensais qu’ils n’étaient pas fait pour ce métier. Et avant que vous ne posiez la question, oui, il m’est sûrement arrivé de me tromper. » Toujours aussi respectueux des autres, il refusera durant tout l’entretien de citer un nom. « Ce n’est pas important. » Pour les 50 ans de sa carrière, ses « enfants » ont décidé de se rendre à Alger pour son concert à la coupole. Qui sera là ? Le téléphone sonne. Il n’arrêtera pas de sonner durant tout l’après-midi. Comme si elle avait entendu la question, Karima l’appelle pour lui confirmer sa présence. Lounis Aït Menguellet, celui qui revendique le plus cette paternité depuis des années, aurait déjà pris sa réservation. « Il y aura du monde en effet. Des retrouvailles et de nouvelles connaissances. Je ne peux pas dire qui sera là précisément. Des amis, des anciens… » Son regard pétille d’intelligence. Il s’impatiente. « Une grande surprise », finit-il par lâcher. On devine, on tâte, on questionne… « Je n’en dirai pas plus. » « Da Chérif, confirmez-nous la présence de Nouara. » Silence complice.

La loi de la relativité – Chérif Kheddam

Retour à sa carrière. Sa traversée du désert au niveau créatif prend fin en 1975. Elle aura duré 15 ans. Quinze années à former les autres, à chercher et à trouver le talent chez les autres. « Je dois mon retour à Tahar Boudjelli. C’est grâce à lui que j’ai repris le chemin de la création. Je croyais ma carrière finie. Il a su me convaincre. Le public était toujours là, mais j’étais trop investi à composer pour les autres et à alimenter la discothèque kabyle pour penser à ma carrière. » Retour gagnant après une longue période de dispersion. « Chérif Kheddam n’a jamais joué à la vedette, ni cherché la célébrité, ni été attiré par les médias. Le milieu artistique même lui est peu familier, il ne s’y aventure que lorsqu’il a besoin de musiciens. Durant son séjour en France, il a plus vécu en milieu ouvrier que parmi la nouvelle chanson kabyle, il a toujours refusé de s’en instaurer parrain, maître ou cacique. S’il est un indéniable précurseur, il demeure un chanteur en évolution et en devenir. C’est pourquoi, nous pensons que l’actuel effacement ne saurait être une retraite, mais plutôt un simple repli pour prendre un nouvel élan. Celui qui a été l’enfant remuant de la chanson kabyle ne saurait se retirer sur la pointe des pieds », écrit, si justement, Tahar Djaout en 1993. L’avenir lui a donné raison. L’année 2005 le verra se produire à la coupole à Alger et au Zénith à Paris. C’est aussi un millésime réussi pour son nouvel album. D’abord peu disert sur son œuvre, il finira par nous faire découvrir deux titres nouveaux : L’ghorva thajdhit (le nouvel exil) et (ce sera le titre phare de l’album) Rouh yazman (ainsi va la vie, traduction approximative). « C’est ma vie. Cet album reflète ma vie. Il parle de la vieillesse, des maux de la société et de l’exil forcé. Et, ironie du destin, moi qui ai quitté la France en 1963, je m’y suis exilé à nouveau à cause de mes problèmes de santé. Concernant la musique, on me reconnaît dès les premières notes. Il y a différentes rythmiques mais je suis resté fidèle à mon style. » Da Chérif a découvert les quarts de temps en 1958. La touche personnelle du compositeur, qui allie le classique occidental et les influences orientales, notamment Abdelwahab, comme un ADN. Son empreinte musicale est définitivement originale. Intemporelle, suave, académique et rebelle. Riche. Atypique. « Da Chérif a de l’avance sur son temps. Il a été le premier à utiliser des tempos latinos dans les années 1960. Aujourd’hui, ça revient à la mode. Sa chanson Sbah lkir (bonjour) écrite en 1959 avait une avance de 40 ans. Il était temps que l’Algérie reconnaisse son talent, ce que la musique algérienne lui doit. Da Chérif est aujourd’hui un géant de la musique contemporaine du Maghreb. Il a créé un style musical qui associe le traditionnel, le classique et le moderne. A Lemri est une œuvre intemporelle, elle tient de la mythologie grecque et du mysticisme », explique son ami et producteur Tahar Boudjelli.

« Je suis Méditerranéen et Ma musique est méditerranéenne » – Chérif Kheddam

« Je suis Méditerranéen et ma musique est méditerranéenne, turque, grecque, italienne, algérienne… Je pars de ma spécificité pour toucher l’universel. Seule l’authenticité peut donner tout son sens à une œuvre, musicale ou autre », diagnostique le compositeur. L’ancien élève de la zaouïa de Boudjelil (Petite Kabylie), désertée dès l’âge de 14 ans pour aller travailler, s’est battu toute sa vie : contre son propre camp, les artistes kabyles qui se satisfaisaient de chansonnettes avant son arrivée, de la société qui voyait débarquer un artiste révolutionnaire et qui plaçait la barre très haut, alors qu’elle n’était pas préparée à une musique si élaborée, puis contre le colonialisme et enfin le parti unique. Ses compositions étaient scrutées à la loupe par les services de censure, aussi bien par la France d’avant l’indépendance que par l’Algérie indépendante. Les colons y cherchaient une incitation au nationalisme et le parti unique une expression « séparatiste ». Le maestro s’est moqué des deux censures, en utilisant les métaphores puis, après l’indépendance, en évitant de faire du militantisme tapageur. Avant-gardiste dans la discrétion. En 1961, il a, dans un rare plaidoyer pour l’émancipation de la femme, chose insensée à l’époque, composé Lehjab etharit (Pourquoi voiler la femme libre ?). Et c’est le fruit de son travail qui est aujourd’hui récolté par tous les autres artistes. Grands et petits. Consciemment ou non.

Biographie en 7 dates

1927 : Naissance à Taddert Boumessaoud (Aïn El Hammam, ex-Michelet)
1948 : Exil en France jusqu’en 1963. Il y compose ses premières chansons et apprend le solfège.
1963 : Composition d’A Lemri, sa chanson phare, enregistrée à l’ORTF. Et date de son retour en Algérie.
1964-1975 : Animateur, producteur de l’émission « Les chanteurs de demain ». Chérif Kheddam déniche de nombreux talents tels Idir, Aït Menguellet, Ferhat, Nouara, Karima…
1975 : Retour à la composition et au chant
1995 : Retour en France
2005 : Chérif Kheddam fête ses 50 ans de carrière et sort deux CD et un DVD. A 78 ans, il s’attaque à la Coupole et au Zénith.

Vous pouvez écouter quelques albums de Cherif Kheddam sur kbmusique

Rémi Yacine

Mohamed Allaoua vit le jour le 25 août 1980 à Alger. Dès son enfance, il suivît des cours de musique Andalouse mais également des cours de musique universelle à l’Ecole El-Maoussilia d’Alger. Aujourd’hui, Mohamed Allaoua enchaîne les succès. De « Baba ccix » à « A Sieqa » en passant par « Nan-d ala » et « Ssar tamurt », les tubes se succèdent et personne ne peut passer à côté. Cela, Mohamed Allaoua le doit au fait qu’il ait su dès ses débuts saisir tout un public en l’enchantant avec son talent, son charme et surtout de la vraie bonne musique. Sur scène, Mohamed Allaoua se révèle à la fois attachant et captivant dans une atmosphère chaleureuse et énergique voire électrique ! Il aime donner le meilleur de lui-même.

Mohamed Allaoua a réussi à s’imposer comme étant incontestablement la nouvelle révélation de la chanson kabyle. Cela explique la place qu’il occupe actuellement sur la scène artistique algérienne. En effet, beaucoup d’années de travail et de persévérance lui ont permis d’être à maintes reprises en tête des ventes algériennes. Perfectionniste et ambitieux, son talent le mène jusqu’en France où Mohamed Allaoua débuta en janvier 2006 une tournée dans les plus grandes villes (Paris, Lyon, Marseille…) et dans des salles prestigieuses telles que le Zénith de Paris. Sa participation au Festival Amazigh des Iles Canaries lui vaut le surnom de « Bomba Kabylia » dans la presse local.

mohamed allaouaVoix enchanteresse, Mohamed Allaoua chante tout en rompant avec les tabous qui continuent de frapper la société algérienne dans sa totalité. Pour la jeunesse, Mohamed Allaoua est de ceux qui savent exprimer leurs difficultés et leurs tourments. Ses textes riches et variés parlent de l’amour sous toutes ses formes, la femme, la mère, les maux sociaux et la culture berbère.

Avec son style, sa sympathie et son naturel, Mohamed Allaoua apporte une fraîcheur à la musique Kabyle. Autant de qualités expliquant que Mr Allaoua soit tellement estimé de tous. Nous pouvons dire, sans nul doute, que Mohamed Allaoua est la nouvelle coqueluche de la chanson kabyle.