akli yahyaten

akli yahyaten

Akli Yahyaten, né en 1933 à Aït-Mendes près de Boghni, wilaya de Tizi-Ouzou, (Algérie française à l’époque), est un chanteur algérien de musique kabyle.
Émigré en France dans les années 1950, Akli Yahyaten travaille comme manœuvre spécialisé dans les usines Citroën et commence à fréquenter le milieu artistique du Quartier latin (Slimane Azem, Zerrouki Allaoua, Cheikh El Hasnaoui).
Suspecté, à la suite d’une dénonciation, de collecter des fonds au profit du Front de libération national algérien (FLN), il sera emprisonné à plusieurs reprises. Durant ces emprisonnements, Akli Yahyaten composera plusieurs chansons à succès, notamment Yal Menfi, une reprise en arabe dialectal d’un vieux chant d’exil kabyle composé au lendemain de l’insurrection de 1871 et du verdict sans appel : la déportation en Nouvelle-Calédonie de la plupart des meneurs, dont Mokrani Boumezrag, Aziz Ben Cheikh El Haddad et son frère M’hamed.
Cette chanson Yal Menfi (l’exilé) rappelle les souffrances endurées par les immigrés algériens dans l’Hexagone.

idirD’origine Kabyle, Idir, artiste majeur de la scène world depuis 30 ans, a voulu faire de son nouvel album un lieu de rencontres interculturelles et intergénérationnelles.

Il a choisi d’aborder les thèmes qui lui sont chers : L’amour, la culuture en général (Berbère en particulier), l’exil, l’immigration, le droit à la différence, l’éducation, la mémoire historique…

Et ces thèmes, il les partage avec des artistes de tous horizons:  Akhenaton, Guizmo, Manu et Daniel (de Tryo), Féfé (de Saïan Supa Crew) et Leeroy , Noa, Sinik, Grand Corps Malade, Zaho, Wallen, Oxmo Puccino, Tiken Jah Fakoly, Disiz…

Parce que c’est ça la France !

Et cette “France des couleurs, si on en lui en donne les moyens, défendra les couleurs de la France”. Pour écouter l’album France des couleurs de Idir , veuillez cliquer sur ce lien : France des couleurs de Idir

Fils de berger, Idir décida d’étudier la géologie et était destiné à une carrière dans l’industrie pétrolière algérienne. L’avenir va cependant le diriger sur un autre chemin. En 1973, il démarre sa carrière par hasard en remplaçant une chanteuse, pour qui il avait composé une berceuse, à Radio Alger et interprète une chanson qui va devenir son premier succès radiophonique : Rsed A Yidess qui signifie « Que le Sommeil Tombe ».

En 1975, il monte à Paris et signe un contrat avec Pathé Marconi qui lui produit son premier album : A Vava Inouva. Le titre éponyme sera un tube planétaire : diffusion dans 77 pays et traduction en 15 langues. La version française a été interprétée par le duo David Jisse et Dominique Marge en 1976, avec des paroles poétiques et une voix de femme très douce. Cette chanson kabyle avec juste voix et guitare figure comme le premier grand tube venu directement d’Afrique du Nord, bien avant le succès d’un Khaled ou d’un Cheb Mami. Il représente l’affirmation d’une certaine identité, le retour à des racines ancrées très profondément dans l’histoire de l’Algérie. Il faut attendre 1976 pour que sorte un premier album sur lequel on trouve le titre (A Vava Inouva).

Après ce succès, Idir écrit à nouveau et enregistre : Ay Arrac Neg (A nos enfants), un album qui sort en 1979.Pour cet homme discret avec un look sérieux, il est difficile de se fondre dans le monde du show-biz et s’il aime composer, ce qu’il fait pour d’autres, les passages sur scène ne le satisfont que rarement. En conséquence, il s’éclipse environ une dizaine d’années tout en donnant quand même quelques récitals.

Sa carrière est relancée avec la sortie d’une compilation en 1991 de dix-sept chansons de ses deux premiers albums. Après un long procès contre son ancien producteur, Idir a eu la possibilité de ré-enregistrer ses titres comme le fameux (A Vava Inouva). Fort de cet appui discographique, il revient donc sur le devant de la scène et passe au New Morning à Paris du 7 au 9 février 1992. Il reste le représentant de la communauté kabyle à qui on reconnaît maintenant un statut de précurseur de la World Music.

chasseur de lumière

album chasseurs de lumière

L’année suivante, paraît chez Blue Silver un nouvel album : les Chasseurs de lumière où il chante ses thèmes de prédilection, l’amour, la liberté et l’exil (qu’il connaît puisqu’il est installé dans la région parisienne depuis 1975). Il introduit à côté des darboukas, flûtes et guitare acoustique, qui donnent une touche de modernité. On peut entendre aussi la voix d’Alan Stivell sur le duo (Isaltiyen). Idir donne ses chansons à écouter au public de l’Olympia à Paris les 26, 27 et 28 juin 1993.

Questions d’identité

Homme de conviction, Idir participe souvent à des concerts pour soutenir différentes causes. Le 22 juin 1995, plus de 6000 personnes viennent applaudir le chanteur et son ami Khaled, initiateurs de l’association « l’Algérie la vie » qui les ont conviés à un concert pour la paix, la liberté et la tolérance. C’est un triomphe pour les deux artistes qui réunissent à cette occasion les communautés kabylophones et arabophones.

En 1996, Idir sort une réédition de son tout premier album qui portait le même nom 20 ans plus tôt : A Vava Inouva.

Idir participe aussi au concert hommage rendu à Lounès Matoub, chanteur algérien de musique kabyle assassiné en 1998.

Le véritable retour discographique d’Idir se fait avec Identités en 1999, l’album hommage qui réunit de nombreux artistes de Manu Chao à Dan Ar Braz en passant par Maxime Le Forestier ou Karen Matheson pour un (A Vava Inouva 2), mais aussi Zebda, Gilles Servat, Geoffrey Oryema et l’ONB. Idir rassemble ici ceux qui prônent l’ouverture culturelle ainsi que la reconnaissance des racines propres à chacun. En décembre, Idir a tout autant d’invités lors des deux soirées qu’il donne à l’Olympia. Autour de lui se succèdent Frédéric Galliano, le guitariste Thierry Robin et l’ONB.

L’identité,Idir la défend à nouveau en 2001 au cours du 21e Printemps berbère organisé au Zénith parisien, manifestation qui célèbre la culture berbère. Cette soirée de fête est renouvelée plus tôt que prévu, le 8 juillet 2001, toujours sous la houlette de Idir, lorsque de violentes émeutes ravagent la Kabylie. Le chanteur organise à cette occasion un grand concert toujours au Zénith de Paris où devant une salle pleine, de nombreux artistes soutiennent la révolte du peuple kabyle face au pouvoir central algérien.

En mai 2002, la maison de disques met sur le marché une compilation de nombreux titres de l’artiste : Deux rives, un rêve. Elle offre la possibilité d’écouter des inédits dont un titre écrit par Jean-Jacques Goldman, (Pourquoi cette pluie ?) qui évoque le terrible déluge qui s’est abattu sur la ville d’Alger en novembre 2001.

Idir débute une nouvelle tournée le 20 septembre 2002 au Zénith de Paris, avant de partir sur les routes jusqu’en décembre de la même année.

En 2005, encouragé par sa maison de disques Idir sort un CD live et un double DVD : Entre scènes et terres, qui concorde avec ses trente ans de carrière. Une façon originale de présenter cet homme discret aux valeurs fortes. Un documentaire déroule son parcours, de la Kabylie aux scènes du monde entier. L’occasion pour lui de « faire un bilan avant de passer à autre chose ».

Idir se produit le 9 avril 2006 sur la scène de la Cité de la musique à Paris. Un concert donné dans le cadre d’un cycle « Chanteurs kabyles » où figurent aussi Akli D ou Takfarinas.

En 2007, en pleine campagne présidentielle française, Idir signe un album non politique mais républicain : La France des

la france des couleurs

la france des couleurs

couleurs. L’album, « défend les couleurs de la France » comme aime à le répéter l’artiste lui-même. Sur cet album, Idir invite la jeune génération à composer avec lui des chansons autour de ce thème qui lui est cher, l’identité. De nombreux artistes comme Akhenaton, Grand Corps Malade, Zaho et beaucoup d’autres posent ainsi textes, rage et sensibilités aux côtés du tonton kabyle.

Pendant l’été de la même année, Idir fait en solo, une tournée hexagonale.

Ali amraneS´il puise sa source dans sa Kabylie natale, Ali Amran distille un savant mélange de genres qui fait l´originalité de sa musique. Au chant et á la guitare acoustique, il aborde un style dépouillé, sans fioriture. Ses chansons á textes, comme son sens mélodique, véhiculent l’âme d’une culture trop souvent bâillonnée ; ses compositions, quant à elles, empruntent leur rythmique à l’univers folk rock, avec des accents tantÔt blues tantôt pop. En résulte une harmonie toute particulière, à lrsquo;image de sa voix, au timbre doux et profond.

Ali Amran a aujourd’hui conquis un large public, de même que la reconnaissance de ses pairs, à l’instar d’Idir, Abranis, ou encore Takfarinas, qui inscrivent sa démarche artistique, comme un souffle nouveau, dans l’histoire de la chanson kabyle.

Tout juste sorti de l’adolescence, Ali Irsane se fait connaître en tant qu´auteur compositeur : ses premières compositions, inspirées de la tradition orale qui berce son enfance, sont interprétées par plusieurs artistes populaires, notamment Lani Rabah. Puis la période universitaire, celle des premières scènes, révèle peu à peu un artiste complet : accompagnant la troupe de théâtre et de chant » Meghres « , comme musicien, ses premières apparitions marquent la scène locale. Ali compose de plus belle, intégrant de nouvelles influences ; il participe à différentes formations, se produit en concert … En 1994, un premier enregistrement studio vient couronner cette phase initiatique, et le titre » Adu  » (Le Vent) se voit classé dans le top  » local rock «  sur la chaÎne francophone de la Radio nationale algérienne.

Ses études d´anglais et de littérature et civilisation berbère à Tizi-Ouzou reflètent la double perspective d’Ali, penché sur ses racines, ouvert à l’Autre. De même, le voyage s’impose très vite à lui : de Tanger à Helsinki, en passant par Barcelone, Amsterdam et autres  » cités-muses « , il nourrit sa quête esthétique, posant l’artiste engagé en citoyen du monde. Chemin faisant, sa musique s’imprègne de nouvelles couleurs, toujours plus libre.

En 1998, l’enregistrement d’un album en solo au titre éloquent,  » Amsebrid  » (Le Routard), signe l’engagement artistique d’Ali … Aussi poursuit-il sa route en tournée, sillonnant la Kabylie : à la Maison de la Culture de Tizi-Ouzou, au Théâtre Régional de BéjaÏa et dans les festivals traversés, sa maturité artistique est reconnue et maintes fois récompensée, d´un premier prix entre autres, décerné par le Festival National de la Chanson Amazighe. De plus en plus, la recherche d´Ali tend vers l´épurement comme pour rejoindre sa quête d´universel. La mélodie n´en est que plus efficace, le verbe plus puissant et non moins subtil. Témoin d´une Algérie écartelée, le mot est parfois amer, douloureux, questionnant l´identité, l´altérité, l´exil … mais la douceur de la voix, la lègèreté de la musique en appellent à une positivité résolue : aller de l´avant, en voyageur, en poète.

En 2000, Ali Irsane quitte sa montagne pour un nouveau voyage en Europe, cette fois sans billet retour : il s´installe à Paris. Seul ou accompagné de sa formation – basse, batterie, percussions –, il joue d’abord dans des cafés-concerts, participe à divers événements culturels, se produit dans plusieurs salles municipales … Un an après sa représentation au Divan du Monde en 2003, il est programmé dans le cadre du concert du Printemps berbère au Zénith de Paris, aux cÔtés du grand Ferhat, d´Akli D ou encore Gnawa Diffusion. Dans la foulée, sa chanson Xali Sliman (Tonton Slimane) connaît un franc succès, porté par la diffusion de son clip vidéo à la télévision. Avant même la sortie officielle de l´album du même titre en 2005, la chanson occupe la première place au hit parade de la fréquence kabyle en Algérie pendant pas moins de cinq semaines … S’enchaînent alors les représentations sur les scènes française et algérienne, ainsi que les apparitions médiatiques : quelques jours après la clÔture du festival Tizi Rock, il est l’invité principal de la prestigieuse émission radiophonique  » Thibugharin G’id-live «  pour un direct de l’auditorium de la Radio nationale à Alger.

En 2007, Idir lui confie la première partie de son spectacle au Zénith de Paris oè le grand public se laisse définitivement charmer par l’artiste. Un artiste de scène … car c’est là qu’il donne la véritable mesure de son talent.

En 2008 – 2009, Ali Amran se consacre principalement à la préparation de son troisième album même s´il participe à quelques concerts dont deux Zéniths à Paris. Ali tenait, en effet, à réunir tous les moyens nécessaires à la réussite de son enregistrement pour donner une nouvelle dimension à sa carrière. Ainsi il s’entoure de collaborateurs de talent, reconnus sur la scène artistique internationale, tels que Chris Birkett et Jean Philippe Rykiel. Il invite aussi Idir, le père de la world musique nord-africaine pour une chanson en duo … Au final, l’album s’avère être un beau bijou berbère de Kabylie, måtiné de folk et pop rock anglo-saxons.

Vous pouvez écouter quelques albums d’Ali Irsane sur le site de musique kabyle

Slimane Azem de son vrai nom Azem Ouali est né le 3 mars 1913 à Agouni Gueghrane, dans une zone montagneuse de la Grande Kabylie à 45 kilomètres au sud de Tizi Ouzou, dans une humble et vieille famille kabyle jouissant d’une certaine influence dans la région. Slimane Azem obtient son certificat d’études primaires mais, encore tout jeune, doit faire face à des charges familiales très lourdes (il a quatre frères et deux sœurs). En 1936, il part en métropole et occupe un emploi d’électricien à Longwy.

Il y est rejoint en 1937 par son frère Azem Slimane, son cadet de cinq ans qui acquerra la notoriété en tant qu’auteur, compositeur et interprète de chants kabyles (il sera « Disque d’or » de la firme Pathé-Marconi en 1970). Pendant l’occupation, tous deux sont requis par le S.T.O. (Service du Travail Obligatoire). Libéré par l’armée américaine, Azem Ouali retourne en Kabylie.
Elu conseiller municipal en 1953 à Agouni Gueghrane, Slimane Azem est désigné comme maire de cette commune en 1957, puis comme membre de la Commission Administrative du département de la Grande Kabylie. Slimane Azem intervient en faveur de son frère inquiété pour une de ses chansons (« Criquet, sors de ma terre.. » et le fait revenir de métropole en Kabylie en 1958. Le 10 février 1958, en présence de Robert Lacoste, ministre- résident de l’Algérie,Slimane Azem est porté à la présidence des maires de Kabylie. Au cours de cette cérémonie, Slimane Azem affirme son attachement à la France et son désir de rester français.

Malgré les menaces de mort du FLN contre lui et sa famille, Slimane Azem entend oeuvrer pour le rapprochement des communautés kabyle, arabe et européenne.

Après le 13 mai 1958, Slimane Azem devient Vice-Président du Comité de Salut Public de l’Algérie et du Sahara dont les deux co-présidents sont le docteur Sid Cara et le général Massu.

Aux élections législatives qui envoient 67 députés d’Algérie à l’Assemblée Nationale (46 musulmans et 21 européens), Slimane Azem est élu député de la circonion de Tizi Ouzou, sur une liste intitulée « Pour le renouveau d’une grande France », en compagnie de MM Henri Colonna, Ali Saadi, Ahcène Oualalen et Sadok Khorsi. Slimane Azem appartient tout d’abord au groupe parlementaire provisoire « Formation Administrative des Elus d’Algérie et du Sahara ».

Slimane Azem rejoint ensuite le groupe parlementaire « Unité de la République » qui regroupe les députés d’Algérie et de métropole essentiellement attachés au maintien de l’Algérie dans la République.

Le 9 novembre 1961, il vote « l’amendement Salan » et le 11 mai 1962, Slimane Azem intervient à la tribune pour stigmatiser les mesures prises par le gouvernement pour empêcher, avant l’indépendance, le départ d’Algérie des Musulmans dont la vie est en danger du fait du FLN.

Entre temps, Azem Ouali est la cheville ouvrière de la réalisation d’un « Livre blanc » sur la fusillade meurtrière du 26 mars 1962 qui vit 82 manifestants tués rue d’Isly à Alger par un régiment de l’armée française.

Après l’indépendance de l’Algérie, le 4 juillet 1962, son mandat de député est supprimé comme celui de ses collègues d’Algérie. Ayant quitté sa Kabylie natale qu’il ne reverra plus, Slimane Azem s’installe dans le Quercy où il se fait agriculteur pour nourrir sa nombreuse famille. Slimane Azem y fonde un Comité de Défense des Agriculteurs Rapatriés.

Jusqu’à la fin de sa vie, Slimane Azem est fidèle à sa communauté d’origine et à ses compatriotes pieds noirs ce qui le pousse à accepter la responsabilité de la présidence du Cercle Algérianiste de Montauban.

Chevalier de la légion d’honneur, Officier de l’Ordre du Mérite National, titulaire de la croix de la valeur militaire avec étoile d’argent, Azem Ouali est décédé en septembre 2002.

Cité par la défense de Raoul Salan lors de son procès en mai 1962, Azem Ouali, condamné à mort par le FLN, dont la protection par la Préfecture de Police n’est plus assurée depuis peu, écrit au président du tribunal pour indiquer que, dans ces conditions, il ne peut venir témoigner. Slimane Azem écrit cependant à propos de l’Algérie : «… Le gouvernement a changé de cap. Le général Salan n’a pas admis cet abandon, et c’est pourquoi il se trouve devant vous… ».

Slimane Azem

Matoub LounesLa vie de Matoub Lounès été très agitée, il a vécu des moments tragiques qui ont marqué sa carrière d’artiste. Sa carrière artistique était indissociable de son combat politique. Depuis la sortie de son premier album A Yizem anda tellid ? (Ô lion où es-tu ?) Matoub Lounès célèbre les combattants de l’indépendance et fustige les dirigeants de l’Algérie auxquels il reproche d’avoir usurpé le pouvoir et de brider la liberté d’expression. Chef de file du combat pour la reconnaissance de la langue berbère, Matoub Lounès est grièvement blessé par un gendarme en octobre 1988. Il raconte sa longue convalescence dans l’album L’Ironie du sort (1989).

Violemment opposé au terrorisme islamiste, Matoub Lounès condamne l’assassinat d’intellectuels. Il fût cependant enlevé le 25 septembre 1994 par un groupe armé, puis libéré au terme d’une forte mobilisation de l’opinion kabyle. La même année, Matoub Lounès publie un ouvrage autobiographique Le Rebelle et reçoit le Prix de la mémoire des mains de Danielle Mitterrand.

En 1995, Matoub Lounèsparticipe à la marche des rameaux en Italie pour l’abolition de la peine de mort, alors qu’en mars 1995, le S.C.I.J. (Canada) lui remet Le Prix de la Liberté d’expression.

Le 25 juin 1998, Matoub Lounès fût assassiné sur la route menant de Tizi-Ouzou à Ath Douala en Kabylie (Algérie) à quelques kilomètres de son village natal. Les conditions de ce meurtre n’ont jamais été élucidées. Les funérailles du chanteur drainèrent des centaines de milliers de personnes et la Kabylie a connu plusieurs semaines d’émeutes et de deuil. Son dernier album Lettre ouverte aux…, paru quelques semaines après son assassinat, contient une parodie de l’hymne national algérien dans laquelle il dénonce le pouvoir en place.

«Mais la paix renaîtra un jour et mes chants parmi vous célébreront à nouveau le printemps si cher à nos cœurs..». L’auteur de ces lignes s’appelait Matoub Lounès, star de la chanson kabyle et héros dans sa région natale, Tamazgha.

Son combat

ounès Matoub disait que sa seule arme était ses chansons. Il disait tout haut ce que le peuple pensait tout bas. Ses textes sont d’ailleurs clairement revendicatifs, et la défense de la langue et de la culture berbère y tiens une place prépondérante.

Il militait pour la reconnaissance de Tamazight comme langue nationale et officielle de l’Algérie et pour que celle-ci soit utilisée dans tous les domaines: école, administration, sciences, médias…

Matoub, comme il le disait, était également opposé à une hydre à deux têtes: le pouvoir et l’intégrisme islamiste qu’il a engendré.

Ainsi, il chantait contre le régime, caractérisé par la corruption et la criminalité. Dans ses chansons, il n’hésitait pas à s’attaquer de front aux présidents algériens (Chadli, Boumediène, Ben Bella), aux ministres du gouvernement, à la sécurité militaire et même à l’opposition se disant démocrate (FFS,RCD).

Il s’oppose à la politique d’arabo-islamisation menée par ce pouvoir depuis l’indépendance qui ne correspond pas à la véritable identité de l’Algérie. Ainsi, face à la loi d’arabisation du 5 juillet 1998 généralisant l’usage de la langue arabe dans tous les domaines et face au mutisme des sois-disants partis politiques de l’opposition, il dira: « A partir du 5 juillet, je serai la seule opposition en Algérie. Je serai le seul opposant. […] Cette fois, soit ils me jetteront en prison, soit ils me tueront. »

Matoub critiquait également l’école algérienne, falsificatrice d’histoire, qui n’avait pour seul but selon lui que « d’arabêtiser » le peuple.

Il militait pour l’instauration d’une véritable démocratie et était un fervent partisan de la laïcité.

Il dénoncait également la place faite aux femmes dans la société. En effet, leurs droits sont bafoués et le code de la famille incluant des éléments de la charia, institutionnalise l’infériorisation des femmes par rapport à l’homme.

Opposé à l’islamisme et au terrorisme islamiste, il condamne l’assassinat d’intellectuels. Il composera en juin 1993, quelques semaines après le meurtre de Tahar Djaout, une magnifique chanson à sa mémoire,  »Kenza », du prénom de la jeune fille de la victime.

Fervent partisan de la laïcité, il s’oppose à ce que la religion s’immisce en politique, et s’oppose fermement à la république islamique tant voulu par les islamistes. A ce titre, il vivra la victoire du FIS aux élections législatives de 1991 comme un drame (la Kabylie, bastion de la résistance selon Matoub, ayant été une des régions d’Algérie où le FIS ne remporta aucun siège). Il restera très menacé par les terroristes islamistes.

Lounès Matoub n’hésite pas également à s’attaquer à de nombreuses composantes sacrées de l’islam. Ainsi, dans sa chanson  »Allah Wakber », il dénonce la fatalité qui fait accepter tout et n’importe quoi aux musulmans, l’aliénation issue de cette religion qui pousse les gens à ne rien entreprendre car tout est écrit et il y désacralise la langue arabe: elle n’est pas plus importante qu’une autre au motif qu’elle serait la langue du coran.

En 1996, il participe à la marche des rameaux en Italie pour l’abolition de la peine de mort, lui qui a été condamné 2 ans auparavant à cette même peine par les terroristes du GIA.

La fondation Lounès Matoub a été créée par sa soeur Malika pour perpétuer sa mémoire, faire la lumière sur son assassinat et promouvoir les valeurs d’humanisme défendues pendant sa vie.