« Tadyant-iw », le nouvel album 2015 de Hamid Matoub vient de sortir en Algérie.
Il est disponible chez tous les bons disquaires en Algérie. N’hésitez pas à nous faire part de vos commentaires concernant ce nouvel album 2015 de Hamid Matoub.

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brahim_izriIl y a onze ans, au lendemain de l’annonce de sa disparition, l’hôpital de l’Hôtel Dieu à Paris se retrouvait inondé de monde. Anonymes et célébrités, tous affluaient en nombre après la triste nouvelle : Brahim Izri s’en était allé.

Cet auteur-compositeur-interprète algérien d’origine kabyle, né le 12 janvier 1954, à Aït Lahcen, dans la commune d’At Yenni en Algérie, nous a quitté le 03 janvier 2005 à la suite d’une longue maladie. Brahim Izri avait grandi dans le monde de la musique. Bercé dès sa plus tendre enfance par les musiques et chants des Zaouias, il avait été initié par son père et les musiciens qui composaient l’orchestre de la zaouïa de l’illustre Hadj Belkacem. Il commença par apprendre le violon puis il s’orienta rapidement vers la guitare et le mandole.

Adolescent, il cofonde le groupe « Igudar » avec d’autres jeunes artistes de son village. Ce groupe tourna en Kabylie sur des petites scènes durant quelques années. Après avoir été, de 1976 à 1979, le guitariste du chanteur Idir, Brahim décida de se lancer dans une carrière solo. Naitront de nombreux album tels que : Sacrifice pour un enfant -1982 / Tizi-Ouzou -1983/D acu-iyi -1984… Les festivals et organisateurs de spectacles en Algérie et en France se l’arrachent. Une jeunesse toute entière chante ses chansons aux sonorités brassées entre rythmes reggae, pop, chaoui, kabyle.

En 1993, à l’occasion de l’anniversaire de l’ACB, Brahim Izri se produisit à la Cigale devant une salle comble. En 1995, il sortait l’album « East West » chez la Warner, où l’on retrouvait également quelques chansons des années 1986 comme « Ay ajuwaq », « Inid inid » avec de nouveaux arrangements. Cet album connu un franc succès grâce aux titres « Cteddu-iyi » et « Lbudala ».

En 1999, la rencontre de Brahim Izri, Idir et Maxime Le Forestier donna naissance à la magnifique chanson « Tizi-Ouzou », sortie dans l’album Identité de Idir. Il s’agissait d’une version retravaillée de celle que Brahim avait sortie en 1983. Le but étant, avec ce morceau, de rendre un hommage à Matoub Lounès, chanteur engagé assassiné en juin 1998.

La carrière de Brahim Izri est notamment marquée par de nombreuses actions humanitaires. Après les inondations de Bab El Oued, il est invité par Baaziz à participer aux côtés de nombreux artistes à composer un couplet en kabyle du tube « Algérie Mon amour » qu’il interprétera en duo avec Djamel Allam. S’ensuivra de nombreux concerts de solidarité. Il interpellera l’opinion internationale au drame algérien et sera à l’initiative de nombreuses actions.

En 2001, il créa avec un collectif de femmes artistes et anonymes : « Algérie Lecture de Femmes ». Il mettra les femmes au-devant de la scène en leur faisant déclamer dans un enregistrement l’abrogation du code de la famille Algérien qui maintenait la femme mineure à vie. De ce défi, une chanson intitulée «Porter la flamme» verra le jour avec la collaboration notamment du célèbre Kamel Hamadi. Interprété par les chanteuses Massa Bouchafa, Amina, Amira, et les choristes Kamila, Nanou et de nombreuses autres, ce titre était un cri de femmes. Le morceau avait été orchestré par le célèbre arrangeur Farid Aouameur qui ne manqua pas d’apporter son soutien à Brahim qui avait décidé de s’impliquer au quotidien pour la cause féminine.

C’est dans son taxi, devenu son bureau que Brahim travaillait sur tous ces projets. Ami de nombreuses personnalités c’est d’ailleurs dans son taxi qu’il avait rencontré des célébrités françaises mais également de diverses origines à l’image de Bernard Lavilliers, Marianne James, Daniel Auteuil, Laurent Voulzy, Enzo Enzo, Kent, ou encore Nourith.

Dans le même temps, la Kabylie s’embrase et Brahim se joindra aux Aarch en Kabylie lors du Printemps Noir dans leur lutte pour la reconnaissance des Droits de l’Homme en Algérie mais également pour la libération des détenus d’opinions (écrivains, journalistes et militants engagés). Avec ses amis les Taxis Kabyles de Paris, il monte au Parlement européen avec la Plateforme de revendications d’El Kseur afin de faire entendre la voix du peuple algérien.

Brahim touche ces célébrités internationales mais également les artistes kabyles tels que : Aït Menguellet, Idir, Ferhat, Akli D.et Djura ou encore le groupe de rap MBS, Baaziz…

Il les sensibilise au tragique sort de la Kabylie. Ces derniers accepteront de prêter leur voix dans un enregistrement afin d’énoncer à tour de rôle 1 point de revendication parmi les 15 figurant dans la plate-forme d’El-Kseur en exigeant particulièrement la libération des détenus du Mouvement Citoyen des Aarchs qui avaient entamés une grève de la faim.

Son quotidien s’était transformé. Brahim délaissait son travail et passait son temps au téléphone, dans les émissions de radios, télévisions, les manifestations et marches de solidarité pour la Kabylie. Pour lui, il était urgent que ces injustices cessent et son arme principale pour les combattre était la communication ! Il fût un acteur essentiel dans la libération des détenus d’opinion.

Malheureusement, un autre combat l’attendait. La maladie était de retour. Celle qu’il avait combattue quelques années auparavant avait refait surface. Il avait décidé de la combattre de nouveau avec la même arme : la musique. Il termina la composition de nouvelles chansons et enregistra à bout de souffle un nouvel album. C’était accompagné par l’ambulance et le masque à oxygène que Brahim réalisa son dernier opus. A ce jour, nous sommes toujours dans l’attente de sa sortie. Il s’avère être un album de haute facture avec des sonorités chaudes et métissées. Brahim a su à nouveau additionner son talent aux côtés de grands noms de la chanson ayant répondu présents afin de marquer leur empreinte dans cet album. Les musiciens ayant pris part à ce CD sont nombreux et de grande renommé. Son fils Yanni y a également participé en composant l’un des titres phares chanté par son père. Onze années ce sont écoulées, mais la ferveur du public autour de cet album attendu est intacte.

A l’occasion de l’anniversaire des dix ans de sa disparition, de nombreux artistes avaient été réunis au Cabaret Sauvage (Paris) à l’initiative de son fils Yanni, de l’association At Yenni et de l’animatrice Nassima afin de lui rendre hommage. Entre personnalités célèbres et nouveaux talents, cet hommage avait été marqué par une grande émotion et une magnifique performance artistique et musicale.

A ce jour, la voix de Brahim Izri continue de résonner dans le monde grâce à ses morceaux intemporels. On retiendra de Brahim Izri l’homme au grand cœur, le musicien talentueux, le déconneur respectueux sans oublier d’être un père aimant. On se souviendra toujours de lui, de ses chansons, de ses combats pour la paix, la liberté, pour la femme, pour la culture… Brahim, ton sourire, ta voix, ta musique, tes combats nous habitent encore et toujours… Repose en paix l’artiste.

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Nassima Chillaoui – Le matin Dz

 

Pour dire l’évanescence et la non-permanence des êtres et des choses, Farid Ferragui a choisi d’intituler son nouvel album, qui vient tout juste de paraître, «L’étoile filante».

Farid Ferragui qui s’est longuement et volontairement «enfermé» dans les serres de l’amour souvent inextricable, a fini par changer le fusil d’épaule. Il vire de plus en plus vers une sorte de spiritualité dans ses oeuvres de ces dernières années. Un processus évident de maturation qui ne fait que confirmer le talent d’un artiste adulé par ses fans même s’il les fait souvent pleurer en remuant interminablement le couteau dans des plaies difficiles à cicatriser.
Farid Ferragui rebondit après un dernier album sorti en 2012. Il a fallu trois ans et même plus pour écrire et composer les six chansons de ce nouvel album intitulé «L’étoile filante». Farid Ferragui a longuement réfléchi et travaillé pour accoucher de ces six nouveaux titres où la part du lion n’est pas consacrée cette fois-ci, et pour la première fois, à l’amour mais plutôt à la mort. Et pour cause, le chanteur à la sensibilité à fleur de peau a perdu sa mère il y a quelques mois. La vie a complètement changé de visage. Il ne voit plus la vie de la même manière après avoir vécu plus de 60 ans. Car l’être le plus cher n’est plus. La vie peut-elle avoir un sens ou du moins garder le même sens une fois notre mère partie pour ne plus revenir? C’est cette question qui n’a pas cessé de triturer les méninges de Farid Ferragui pendant plus d’une année. Il chante alors un thème qu’il a eu souvent à évoquer dans plusieurs albums tout au long de sa carrière. Mais avec une tout autre veine qui ne ressemble en rien aux précédentes.
«Mon nouvel album était fin prêt à être édité avant la fin de l’année 2013. Puis ma mère est décédée. J’ai alors mis du temps à faire mon deuil et surtout à écrire les deux chansons que je lui dédie dans ce nouvel album. J’ai supprimé deux anciennes chansons qui devaient y figurer et je les ai remplacées par cet hommage posthume», nous confie l’artiste qualifié longuement et à juste titre de chantre de l’amour. Farid Ferragui revient dans ces deux chansons dédiées à sa défunte mère en décrivant comment il a vécu toutes les étapes ayant succédé à cet événement douloureux. Il décrit alors avec ses vers élaborés, d’abord les moments marquants où sa mère était vivante, puis Farid Ferragui, sans doute la mort dans l’âme, chante le moment du décès, l’enterrement ainsi que le retour au village après l’enterrement et pour la première fois, la mère absente. Et pour toujours.
«Quand je revois tous ces moments, il est difficile de réaliser qu’il s’agit de la réalité. C’est comme si tout ça n’était qu’un rêve», ajoute Farid Ferragui. Ce que ce poète et chanteur regrette le plus, comme beaucoup d’Algériens de sa génération, c’est le poids des tabous qui empêche l’homme de dire «je t’aime» à sa mère. De la serrer très fort dans ses bras. «Les traditions nous ont privés de sentiments et je dénonce ça également dans mes nouvelles chansons. Nous devons changer de comportement par rapport à nos enfants en les encourageant à exprimer leur affection.
Me concernant, et malheureusement, ce n’est que dans ces chansons que j’ai enfin pu dire à ma mère ce que je ne lui avais jamais dit de mon vivant à cause des traditions», explique Farid Ferragui. En plus de ces deux chansons phares, le nouvel album de Farid contient aussi quatre autre titres. Il s’agit de Itri arugal, I-ttlam wahdi, E-cciv et Netsradju. Dans ce dernier titre, Farid Ferragui, en tentant d’écrire une nouvelle chanson, s’est retrouvé inconsciemment en train de réécrire carrément une ancienne oeuvre parue dans les années 1990. Il a alors saisi ce retour en arrière pour écrire une nouvelle chanson à partir d’une ancienne. Et le résultat, nous assure le poète, le satisfait amplement. Notre interlocuteur insiste beaucoup sur la chanson Itri Arugal dont l’album porte l’intitulé. Il précise qu’il s’agit d’une chanson très profonde voire spirituelle avec des relents philosophiques qui évoquent des questions existentielles et des interrogations, souvent sans réponses, sur le sens d’une vie où tout s’évapore et s’évanouit avec une rapidité insaisissable. Une autre chanson relève du genre sociopolitique, conclut Farid Ferragui.

Source : lexpressiondz.com

Tizi-ouzou, 22 décembre 2015 – Le chanteur populaire Taleb Rabah est décédé mardi 22 décembre et une cérémonie d’Adieu de plusieurs heures a été organisée à la maison de la culture où a été exposé son corps mortuanire, en présence de membres de sa famille mais aussi d’un public venu en nombre lui rendre hommage.
Dans le public on a noté la présence de nombreux artistes (Ali Meziane, Taleb Tahar, entre autres, des poètes, des hommes de culture en général dont le directeur de Radio Tizi-ouzou mais aussi des hommes politiques, des maires (celui d’Imsouhal Ghanem Hocine et de Tizi-ouzou, Ouahab Ait Menguellet ), des députés (Tayeb Mokadem et Said Lakhdari), des élus de l’APW dont son président Hocine Haroun et ses vice présidents, Klaleche mohammed, OUGUEMAT Kamel et FARSI Saïd.
Ould Ali El Hadi, le ministre de la jeunesse et des sports s’est déplacé également à Tizi-ouzou. Il a été accompagné à la maison de la culture par le Wali, Brahim Merad.
La dépouille mortelle de Taleb Rabah a pris ensuite la diréction vraisemblablement de son village, Tizit, à Aïn El Hammam dans la wilaya de Tizi Ouzou, où il est né il y a 85 ans. Nous n’avons pas pu la confirmer dans l’immédiat.
Taleb Rabah qui a un riche répértoire a publié il y a trois ans un album de chants religieux et d’adieu au titre :  »Rebbi Ath Nahmed (On remercie Dieu) ». L’album produit par Les éditions Izem comprend 4 chansons dans le pur style de Taleb Rabah, c’est-à-dire une musique mélodieuse avec des paroles qui vont droit au coeur. Toutefois, l’on relévera que la voix de l’artiste semble quelques part diminuée. « Astaghfir Allah (Pardon mon Dieu), Rebbi Ath Nehmed (On remercie Dieu), »Wouzileth Atas (La vie est trop courte) » et Esslam Allah (Le Salut de Dieu) sont les quatre chansons de l’album par lesquelles Taleb Rabah, qui a bercé par ses innombrables succès plusieurs générations d’amoureux de la chanson kabyle classique, voulait quitter la scène artistique et la vie, lui qui est très croyant (musulman). L’oeuvre du chanteur avait été rééditée il y a quelques années en 16 volumes (cassettes). Né en 1930 à Tizit (Ain El-Hammam), Taleb Rabah s’est distingué au cours de sa longue carrière par une riche création de chansons de type traditionnel. Il a entamé la réalisation de son oeuvre à partir de 1958, accumulant des tubes traitant de la vie sociale et des valeurs de la société en général. « Avava rabi akyarham (paix à ton âme, père », » lfouk zith d’ilmasbah (la chandelle n’a plus d’huile) « , « mathachfam (vous souvenez vous) » et « tnadigh ahazahriw (je cherche ma chance) », sont quelques uns des tubes de chansons que le public continue à apprécier pour aussi bien les bonnes paroles que leurs mélodies.(BMS)

Belkacemi Mohand Said – 0772.13.88.88 – [email protected]
Site – http://kabylienews.livehost.fr

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Le chanteur Taleb Rabah, une icône de la chanson kabyle, natif du village Tizit dans la commune d’Illilten (Tizi Ouzou), est décédé mardi, à l’âge de 85 ans, a-t-on appris auprès de la Direction locale de la culture. La nouvelle de sa mort s’est vite répandue parmi ses fans, ses amis et la famille artistique, suscitant une grande émotion parmi ces derniers qui ont afflué, nombreux, vers son domicile familial sis à la nouvelle ville de Tizi Ouzou (cité 2 000 Logements) pour lui rendre un dernier hommage, a-t-on constaté. Sa dépouille sera ensuite transférée, en milieu d’après-midi, vers la Maison de la culture Mouloud-Mammeri pour un dernier adieu à l’un des chanteurs ayant glorifié la Guerre de libération nationale, a-t-on appris de la Direction de la culture, qui a informé que l’enterrement de l’auteur de l’emblématique Wessan n’ni aura lieu demain (mercredi) au village natal, Tizit. Taleb Rabah est né en 1930. A l’âge de 20 ans, il quitte sa région pour un voyage en France où il s’intéresse à la musique et au chant et fréquente le milieu artistique avant de se lancer dans la chanson en 1955, en participant à l’émission de chanteurs amateurs à Radio Paris, dirigée alors par Amraoui Missoum, avant d’entamer sa carrière professionnelle. Il figure parmi les plus grands compositeurs de la chanson kabyle des années 1960 et 1970 avec Slimane Azem, Cheikh El-Hasnaoui, Akli Yahyiatène et Chérif Kheddam. Parmi ses succès, on notera Tnadigh ghef zzehri-iw, A yaqjun kecc d arfiq-iw, A lfenn ou encore Yekfa nnif. Son style a inspiré plusieurs vedettes de la chanson moderne dont Lounis Aït Menguellat, qui s’en réclame d’ailleurs fièrement. De son côté, Taleb Rabah, dans une de ses dernières chansons, a rendu hommage à son «élève» en qui il voyait l’héritier de son art.
R. M.

AlgeriePatriotique.com

Suite à une publication du site kbmusique sur leur page Facebook à propos d’une nouveauté d’envergure :

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La Dépêche de Kabylie : Racontez-nous le début de votre carrière…

Ahmed el Hadi : (Avec un long soupir) Cela remonte à une cinquantaine d’année. Comme pour la plupart des chanteurs de l’époque, mon apprentissage s’est fait avec les amis du village. A l’âge de 12 ans j’écrivais des poèmes, je savais déjà jouer de la flûte et j’essayais de titiller les fils de la guitare de fortune que j’ai moi-même confectionnée. J’ai toujours été attiré et impressionné par les chansons de Chérif Khedam, Slimane Azem et par les produits de tous les anciens de la chanson kabyle à qui je rends un grand hommage. Mon apprentissage s’est fait petit à petit. En juillet 71, je suis passé à la chaîne 2 dans l’émission Ichenayène ousekkales (Les chanteurs de demain) avec une chanson dont je me souviens encore, elle s’intitulait Zewdjagh Renough. J’ai encore continué à travailler dans le cadre de l’association la jeunesse FLN (l’ancêtre de l’UNJA), une association qui disposait de beaucoup de moyens. Avec quelques amis, nous avons même constitué un groupe musical qui animait les fêtes locales et nationales, lorsque l’on faisait appel à nous. Mais le groupe n’a pas fait long feu et chacun est parti de son côté. Cela ne m’a pas découragé, puisque j’ai poursuivi mon apprentissage.

Parlons de votre première cassette…

Ma première cassette est sortie en France en 1983. Elle comprenait 8 chansons toutes dans le style Kabyle traditionnel. Une œuvre qui a bien marché en France. L’album n’est pas sorti en Algérie car l’éditeur avait des problèmes avec la justice française. Un éditeur qui a truandé plein de chanteurs, dont moi même. En 1984, de retour au pays, j’ai pris attache avec feu Chérif Khedam qui m’a vraiment aidé. J’avais fais un enregistrement au studio Jugurtha d’Azazga que j’ai remis en mains propre à Dda Chérif qui à son tour l’a transmis à la commission d’écoute qui a fini par l’accepter et le diffuser sur les ondes de la radio. L’enregistrement est aussi diffusé par la radio locale depuis sa création.

Depuis 84, c’est le silence radio… pourquoi ?

Ce fut une longue traversée du désert. Pourtant je produisais toujours mais sans pouvoir éditer. Mon travail d’enseignant prenait presque tout mon temps. Les moyens d’un enseignant étaient limités. Les meilleurs d’entre nous arrivaient juste à nourrir leurs enfants. En plus, les moyens techniques n’étaient pas disponibles en Algérie, il fallait se rendre en France et acheter des devises, ce qui n’était pas dans mes cordes alors j’ai dû patienter et attendre des jours meilleurs qui ont malheureusement tardé à venir. 10 ans après, mes plus proches amis ont su que j’avais un répertoire très riche mais que je n’avais pas les moyens pour les éditer, c’est alors qu’ils ont proposé de me soutenir. En 2012, je suis rentré au studio pour l’enregistrement de cet album qui vient de sortir. Un album dans le style Kabyle classique. Il contient 9 chansons qui traitent du quotidien, de l’amour, du printemps noir, de la déchirure et de la déception. Selon les échos qui me sont parvenus, le CD se vend bien et les jeunes de la région sont enchantés. Nous ferons de notre mieux pour faire plaisir à nos fans et surtout honorer la chanson Kabyle.

Justement quelle lecture faite vous du niveau actuel de la chanson Kabyle ?

La chanson Kabyle a été gâtée par le passée car les anciens chanteurs et ses fondateurs à l’image de Slimane Azem et Chérif Khedam, pour ne citer qu’eux, ont fait du si beau travail qu’il est difficile de les égaler. De nos jours, il y a du bon et du moins bon. Les jeunes chanteurs doivent faire des efforts et cela commence par les études. La musique et la poésie ça passe par l’école et le sérieux. Ceux qui sont moins bons peuvent réussir mais ils devront se donner à fond pour être à la hauteur de la chanson Kabyle et pour l’honorer comme l’ont fait les anciens artistes. L’Etat aussi doit construire plus d’écoles, plus de maisons de jeunes, plus d’infrastructures culturelles pour permettre aux artistes de se former et d’acquérir les qualités et les compétences requises. Le vrai apprentissage ne se fera ni dans les cafés, ni dans les fêtes et encore moins dans la rue.

Nous vous laissons le soin de conclure…

D’abord, un grand merci à votre quotidien qui m’a ouvert ses pages pour m’exprimer et surtout pour l’intérêt qu’il accorde aux chanteurs et aux artistes. Ensuite, je tiens à remercier tous les jeunes de Mechtras pour l’accueil réservé à mon album et pour le respect qu’il me témoigne. Je n’oublierai surtout pas de dire un grand merci aux amis qui m’ont aidé car sans leur apport cet album n’aurait pas vu le jour. Je remercie aussi le groupe musical du studio qui a fait du beau travail. Je promets à tout le public de mettre sur le marché d’autres œuvres plus raffinées qui feront honneur à la chanson Kabyle. Nous lançons aussi un appel aux autorités du secteur de la culture en vue de nous faire participer aux galas et aux fêtes nationales pour justement pouvoir mettre d’autres produits sur le marché. Pour terminer, je lance un appel aux jeunes artistes d’éviter les sentiers battus de la médiocrité.

Pour écouter l’album de Ahmed El Hadi

Entretien réalisé par Hocine T pour La Dépêche de Kabylie